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Loi sur le renseignement : un "Oui" net et sans appel, mais qui ne résout pas tous les problèmes!

Publié le par Dimitry Queloz

Hier, le peuple suisse a dit un "Oui" très net à la Loi sur le renseignement: plus de 65% des votants et tous les cantons l’ont acceptée. Cette victoire était prévisible. L’évolution plus qu’inquiétante du contexte sécuritaire mondial a bien évidemment joué un rôle déterminant dans la décision des citoyens suisses. Si la loi s’applique aux cas de terrorisme, d’espionnage, de dissémination d’armes de destruction massive et d’attaque contre les infrastructures importantes, c’est sans aucun doute à la première de ses menaces, et plus particulièrement au terrorisme islamiste, que le peuple a pensé en votant. En effet, celui-ci représentera une menace existentielle pour les prochaines décennies et il ne peut plus être minimisé comme cela a été le cas au cours des années 2000.

La nouvelle Loi sur le renseignement, qui devrait entrer en vigueur dans une année, est adaptée à la modernité et au contexte sécuritaire actuel. Elle tient compte à la fois de l’évolution technique des dernières décennies, notamment dans les domaines de l’informatique et des communications, et du nouveau visage adopté par les organisations terroristes islamistes, aussi bien en ce qui concerne les structures que les pratiques. Elle permettra de lutter beaucoup plus efficacement que maintenant contre les djihadistes et les terroristes installés en Suisse ou voulant agir sur son territoire.

Cette amélioration en matière d’efficacité ne constitue toutefois pas la seule vertu de la nouvelle loi. Elle renforcera tout d’abord l’autonomie des autorités suisses en matière de décision, donc la souveraineté nationale. Grâce à l’augmentation qualitative et quantitative des renseignements "maison", la Suisse sera en effet moins dépendante des informations en provenance de l’étranger. Les rétentions d’informations ou les problèmes de transmission porteront moins à conséquence sur la sécurité de notre pays. Par ailleurs, les risques de manipulation de la part de puissances tierces seront moindres, tandis que les possibilités de pression – fourniture de renseignements en échange de services quelconques – vont également diminuer.

Le deuxième grand avantage procuré par la nouvelle loi est le renforcement de la crédibilité et de la marge de manœuvre des services de renseignements suisses au niveau international. Disposant de meilleurs renseignements, tant qualitativement que quantitativement, le SRC sera considéré comme un partenaire plus sérieux par les autres services. Il aura davantage la possibilité de discuter d’égal à égal avec ces derniers et possédera de meilleurs atouts dans le cadre des coopérations avec ses homologues étrangers. La position de la Suisse dans le réseau sécuritaire international sera ainsi renforcée.

L’acceptation de la nouvelle Loi sur le renseignement représente donc un progrès significatif dans la lutte contre le terrorisme islamiste. Elle ne représente toutefois pas un élément suffisant pour vaincre la menace islamiste dont le terrorisme ne représente qu’un des aspects, celui qui est le plus violent. Pour remporter la victoire contre cette idéologie religieuse totalitaire, il faudra deux autres conditions. La première relève du domaine judiciaire. Il ne sert en effet à rien d’identifier et/ou d’arrêter plus facilement des djihadistes et des terroristes, potentiels ou ayant passé à l’acte, ainsi que leurs complices, si la justice ne les condamne pas de manière appropriée.

Ensuite, et surtout, le terrorisme islamiste ne représente – il faut insister sur ce point capital – que le volet le plus dangereux de l’islamisme. Il prospère sur le terreau idéologique que constitue ce dernier et c’est contre lui qu’il faudra absolument lutter avec davantage de sérieux qu’au cours de ces dernières années, en comprenant bien qu’il s’agit d’une guerre de civilisation et que la lutte se fera sur le terrain de la culture et des valeurs.

Depuis plusieurs décennies, l’islamisme s’installe de manière insidieuse dans nos sociétés occidentales, comme il l’a fait précédemment dans les Etats musulmans, sans que le danger ait été réellement pris en considération. La dernière enquête publiée en France, qui confirme toutes les études précédentes faites en Europe, montre bien à quel point la situation est actuellement critique. Moins de la moitié des musulmans français sont totalement intégrés et acceptent les lois de la République. Un autre quart est en accord avec les principes de la charia tout en disant accepter ceux de la laïcité. Les individus de cette catégorie se situent donc dans une marge grise et certains d'entre eux peuvent basculer à tout moment dans une idéologie plus radicale. Enfin, plus de 28% affirment la supériorité de la charia sur les lois françaises. Ces musulmans sont donc clairement islamistes et, même s’ils ne sont que quiétistes, ils défendent des valeurs qui sont incompatibles avec celles de la société française. De plus, ils constituent le milieu favorable dans lequel peuvent se développer et prospérer les islamistes politisés et djihadistes qui représentent une menace existentielle pour la société française – et par delà occidentale – puisqu’ils veulent lui imposer leur idéologie totalitaire.

28% d’une communauté estimée à 5 à 6% de la population française, cela semble bien peu. Toutefois, en chiffres, cela représente au moins 1 million de personnes! Sans réaction très forte de notre part, nous n’avons pas fini de voir des burkas, des burkinis … et des attentats!

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