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Conférence du chef du DDPS à l’Université de Lausanne (1)

Publié le par Dimitry Queloz

Au lendemain de la publication du Rapport sur la politique de sécurité 2016, la Société des officiers du campus universitaire de Lausanne a décidé d’organiser, en partenariat avec l’AESSP, l’Association Mosaïque, Uthink et Innovation Time, d’inviter le chef du Département fédéral de la Défense, de la Protection de la population et des Sports (DDPS), M. le Conseiller fédéral Guy Parmelin, qui a tenu sa conférence le mercredi 12 avril dernier devant un auditoire de près de 400 personnes. Les échanges avec le public ont été nourris, constructifs et d’un bon niveau, même si les participants n’étaient pas forcément tous des inconditionnels de l’armée et que, comme l’a justement fait remarquer l’orateur, les universitaires sont, de par leur jeunesse, plus insouciants que le reste de la population et pas toujours très intéressés par les questions de sécurité. La discussion a notamment été encouragée par la possibilité de proposer des questions en direct via internet.

 

La Suisse face aux nouvelles menaces

 

Avant d’aborder les trois points qui constituaient le cœur de sa conférence, le chef du DDPS a commencé par donner un bref aperçu de la situation sécuritaire actuelle. D’emblée, il a souligné la difficulté à parler des questions de défense en raison du caractère diffus des menaces et de leur moins grande visibilité par rapport au XXe siècle durant lequel on a pu se focaliser sur deux menaces principales: le Troisième Reich et l’URSS. Cependant, il a insisté sur le besoin avéré de sécurité de notre société moderne en relevant que l’offre sécuritaire sera toujours inférieure à la demande et ne parviendra pas à empêcher toutes les attaques. Le risque zéro n’existe pas!

 

L’énumération des tensions mondiales et des incertitudes de ce début d’année 2017 – retour de la Russie sur la scène internationale (Ukraine et Syrie notamment), BREXIT, campagne présidentielle chaotique en France, nombreux problèmes en Afrique, existence d’Etats défaillants, fin du contrôle de la Corée du Nord par la Chine ("le turbulent élève n’est plus maîtrisé" par les Chinois), politique peu lisible du président Trump… – a permis à Guy Parmelin de montrer que le risque de basculement était en ce moment particulièrement fort.

 

Pour la Suisse, qui est un îlot plutôt privilégié, la stabilité en Europe et dans le Monde est fondamentale en raison des relations économiques très étroites avec les autres pays, surtout ceux de l’Union européenne. C’est pourquoi des contacts privilégiés en matière de sécurité sont entretenus avec des voisins comme la France, l’Allemagne et l’Autriche. Au moment des questions, le chef du DDPS a notamment mentionné les négociations en cours avec l’Autriche dans le but de développer la coopération en matière de sécurité aérienne – nous vous avions déjà parlé de ce problème dans un de nos articles précédents sur le projet PA24.

 

L’extrémisme violent

 

S’il existe diverses formes d’extrémisme violent, la principale est actuellement représentée par le terrorisme djihadiste. Au vu des nombreux actes terroristes islamistes qui ont frappé le Monde entier au cours de ces dernières années, la Suisse n’est pas à l’abri d’un attentat. Même si notre pays n’est pas une cible prioritaire des djihadistes, il fait partie des cibles potentielles en raison de son appartenance au monde occidental. De plus, la Suisse est directement touchée par le phénomène de radicalisation islamiste. 81 habitants, dont une trentaine de Suisses, sont partis faire le djihad en Afrique ou au Proche-Orient et quelque 500 personnes fréquentent les milieux djihadistes.

 

A ce propos, le chef du DDPS a insisté sur le rôle joué par internet qui sert à la fois de moyen de propagande, de contact et d’action. S’il n’existe pas, en Suisse, de vastes réseaux djihadistes, un individu peut sans difficulté, grâce à internet, établir des relations avec des personnes radicalisées ou se radicaliser lui-même. Comme le phénomène djihadiste est par ailleurs international et transfrontalier, il ne faut pas non plus sous-estimer les possibilités d’action et d’influence des activistes présents dans les pays voisins.

 

Pour lutter contre cette menace, la Suisse a développé une stratégie axée sur trois piliers. Le premier consiste à collaborer avec les grandes organisations internationales, notamment l’ONU. Le deuxième est celui de la collaboration en matière de renseignement avec les autres pays. Enfin, au niveau interne, la Suisse a mis en place le Réseau national de sécurité en coopération avec les cantons. Ce réseau a pour tâche d’élaborer un plan d’action contre la radicalisation et l’extrémisme violent. Notre pays a également renforcé les possibilités d’investigation en acceptant, par voie référendaire, la loi sur le renseignement qui doit entrer en vigueur le 1er septembre prochain. (A suivre)

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