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2017: Une année charnière pour la Royal Navy (1)

Publié le par Dimitry Queloz

L’année 2017 est une année charnière pour la Royal Navy. Après un quart de siècle de vaches maigres commencé à la fin de la Guerre froide, la marine britannique a entamé une lente remontée en puissance, confirmée, après des incertitudes, avec la publication de la Strategic Defence and Security Review (SDSR) de 2015. Celle-ci prévoit notamment la mise en service effective des deux porte-avions de la classe Queen Elizabeth dont une des deux unités sera optimisée pour les opérations amphibies, le maintien du nombre de destroyers et de frégates à 19 unités avec une éventuelle augmentation dans un avenir incertain, la construction d’une nouvelle classe de SNLE, le maintien des capacités amphibies existantes en dépit du retrait du service du HMS Ocean en 2018, la confirmation d’acquérir 138 exemplaires du F-35B.

 

Dans le cadre de ce vaste programme, plusieurs étapes importantes ont été franchies depuis le début de cette année. En janvier, le feu vert était donné pour la production du système Crowsnest destiné à équiper les futurs Merlin ASaC (Airborne, Surveillance and Control) qui opéreront à partir des nouveaux porte-avions. La Royal Navy devrait acquérir dix de ces systèmes, qui pourront être montés sur les 30 Merlin HM2 en sa possession et qui seront adaptés en conséquence. Le nouvel hélicoptère remplacera le Sea King Mk 7 ASaC, qui sera retiré du service en 2018, à partir de 2020.

Merlin ASaC avec son radar sur le côté. (© Thales)

Merlin ASaC avec son radar sur le côté. (© Thales)

Au début juillet, BAE Systems annonçait la signature d’un contrat pour la construction des trois premières frégates du Type 26 (Global Combat Ship). Quelques jours plus tard avait lieu la découpe de la première tôle de la première d'entre elles (futur HMS Glasgow) . Une deuxième tranche de cinq navires devrait être commandée en 2020. A l’origine, les 13 frégates Type 23 actuellement en service devaient être remplacées nombre pour nombre par ces nouveaux bâtiments. Toutefois, ce programme connaît un sort analogue à celui des FREMM dans la marine française. En raison de la taille (6'900 tonnes) et des coûts de ces navires, seules huit unités seront construites. Les économies ainsi réalisées serviront à développer une nouvelle frégate (Type 31 Global Purpose Frigate) plus petite et moins coûteuse. Au moins cinq unités, probablement six, devraient être construites pour la Royal Navy qui verrait ainsi le nombre de ses frégates légèrement augmenter.

 

Côté armements, mentionnons la poursuite du développement du nouveau missile franco-britannique ANL/Sea Venom – un premier tir de missile depuis un hélicoptère français a été réalisé en juin – et la signature en mars d’un accord entre Londres et Paris en vue de développer une nouvelle famille de missiles qui se déclinera en plusieurs variantes (missiles de croisière aéroportés et missiles antinavires).

Frégate Type 26. (© Royal Navy)

Frégate Type 26. (© Royal Navy)

Dans le cadre des nombreux programmes de construction en cours, divers bâtiments ont également été mis à l’eau ou ont commencé leurs essais en mer au cours des derniers mois et entreront en service dans un avenir plus ou moins proche, notamment le HMS Audacious, quatrième des sept nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque de la classe Astute, le RFA Tidespring, premier des quatre nouveaux navires logistiques, le HMS Forth, premier des cinq nouveaux patrouilleurs hauturiers. Ce sont toutefois le début des essais en mer du HMS Queen Elizabeth, à la fin du mois de juin, et son arrivée à Portsmouth, le 16 août, qui représentent les deux événements les plus importants de 2017 pour la Royal Navy. Mentionnons encore que son sistership, le HMS Prince of Wales, devrait être mis à l'eau à la fin de cette année encore. (A suivre)

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