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Joyeuses Pâques!

Publié le par Dimitry Queloz

Nous vous souhaitons de Joyeuses Fêtes de Pâques, à vous et à vos proches!

Merci pour vos "likes" et vos encouragements et bienvenue à nos nouveaux abonnés!

Au plaisir de vous retrouver bientôt!

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Premiers essais aéronautiques pour le HMS Queen Elizabeth (1)

Publié le par Dimitry Queloz

Après les essais en mer de l’été dernier, le HMS Queen Elizabeth a été mis en service le 7 décembre. Entretemps, des tests de décollages au moyen d’un tremplin ont été effectués avec succès par des F-35B britanniques sur la base américaine de Patuxent River, préparant ainsi la campagne de lancements et d’appontages qui se déroulera à partir de l’été prochain. Durant le mois de février, le nouveau porte-avions britannique a mené ses premiers essais aéronautiques. Embarquant six hélicoptères, il a réalisé un périple de plus de trois semaines qui l’a conduit jusqu’à Gibraltar.

 

Parti le 2 février de Portsmouth, le HMS Queen Elizabeth, escorté par la frégate HMS Somerset, est arrivé sept jours plus tard à Gibraltar où il a fait escale le temps d’un week-end durant lequel l’équipage s’est rendu sur le Rocher. La base militaire britannique n’est pas en mesure d’accueillir des bâtiments de la taille des nouveaux porte-avions et le navire a dû être amarré à un quai extérieur. Le choix de cette destination pour la première sortie du HMS Queen Elizabeth hors du Royaume-Uni est tout sauf anodin. Il montre l’importance stratégique de cette base pour la Royal Navy et la volonté britannique de la conserver. Le message est clair, surtout dans le contexte de sortie de l’Union européenne et de la possible reprise des revendications espagnoles sur ce territoire.

 

Les trois semaines d’essais ont également été l’occasion de mener un exercice de ravitaillement en mer avec le RFA Tidespring nouvellement entré en service – la manœuvre n’a pas été effectuée jusqu’au bout en raison du mauvais temps – et d’étudier le comportement général du navire par gros temps, notamment dans le golfe de Gascogne. Selon les déclarations de la Royal Navy, le HMS Queen Elizabeth est stable et les marins n’ont pas été victimes du mal de mer, ce qui est important dans le cadre d’opérations militaires durant lesquelles les marins et les aviateurs sont soumis à rude épreuve et doivent faire preuve de toutes leurs capacités.

Le HMS Queen Elizabeth devant le rocher de Gibraltar. (© Royal Navy)

Le HMS Queen Elizabeth devant le rocher de Gibraltar. (© Royal Navy)

Le HMS Queen Elizabeth et le RFA Tidespring naviguant côte-à-côte pour effectuer un ravitaillement en mer. (© Royal Navy)

Le HMS Queen Elizabeth et le RFA Tidespring naviguant côte-à-côte pour effectuer un ravitaillement en mer. (© Royal Navy)

Pour effectuer ses différents essais aéronautiques, le HMS Queen Elizabeth a embarqué un détachement de six hélicoptères. L’Aircraft Test and Evaluation Centre (ATEC) de Boscombe Down a fourni deux Merlin Mk2 et deux Chinook Mk5, ainsi que 56 pilotes, hommes d’équipage, ingénieurs et analystes. Par ailleurs, les deux Merlin Mk2 du 820 Naval Air Squadron et les équipes de soutien qui accompagnaient le nouveau porte-avions depuis son départ de Rosyth en juin 2017 ont opéré depuis le navire 24 heures sur 24 alors qu’auparavant ils étaient basés à terre. Ces deux hélicoptères ont eu pour mission d’assurer la recherche et le sauvetage en cas d’accident et de protéger le bâtiment au moyen de leurs senseurs, radar et sonar notamment.

 

Les essais permettront de donner au HMS Queen Elizabeth la certification de capacité initiale opérationnelle en tant que porte-hélicoptères. Le nouveau bâtiment sera ainsi en mesure de reprendre la mission assurée jusqu’il y a quelques semaines par le HMS Ocean qui vient d’être retiré officiellement du service et qui a été vendu au Brésil. Les Chinook ont effectué 450 appontages et les Merlin 540, dont certains de nuit. Le but était de déterminer les limites des possibilités d’engagement des hélicoptères en fonction des conditions météorologiques et de l’état de la mer. L’influence des vents sur les manœuvres aéronautiques a été plus spécifiquement étudiée en raison du design particulier du porte-avions. (A suivre)

Vue depuis la passerelle aviation: trois Merlin et un Chinook sur l'avant du pont d'envol. (© Royal Navy)

Vue depuis la passerelle aviation: trois Merlin et un Chinook sur l'avant du pont d'envol. (© Royal Navy)

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Entre mes hommes et mes chefs

Publié le par Dimitry Queloz

TENCHENI, Sébastien, Entre mes hommes et mes chefs. Journal d’un lieutenant au Mali, Panazol, Lavauzelle, 2017, 140 pages

 

Avec l’augmentation du nombre d’opérations extérieures de l’armée française, les publications de souvenirs et de journaux d’anciens officiers ayant combattu redeviennent à la mode. Ces témoignages permettent au grand public de se plonger dans un univers qui lui est devenu largement étranger depuis la fin de la conscription et qu’il ne connaît plus guère que par quelques reportages télévisés. Cet univers, c’est celui de l’armée et de ses engagements, avec ses spécificités qui paraissent de plus en décalage avec les valeurs d’une société postmoderne, individualiste et dépourvue de repères et de traditions.

 

Si certains de ces ouvrages présentent peu d’intérêts, d’autres sont en revanche très instructifs, comme le Jonquille, publié récemment par le commandant Jean Michelin qui relate son déploiement en Afghanistan en 2012. Les officiers de troupe notamment pourront profiter ainsi de l’expérience de terrain de leurs camarades pour apprendre ou approfondir les détails du métier.

 

Dans le contexte de recrudescence des activités djihadistes au Sahel, avec l’attaque contre la force Barkhane au début janvier 2018 qui a fait trois blessés chez les militaires français au Mali et celles contre l’Etat-major burkinabé et l’ambassade de France à Ouagadougou début mars, le livre du lieutenant Sébastien Tencheni s’inscrit dans une actualité brûlante. L’auteur y raconte, sous la forme d’un journal, les quatre mois d’opérations menées en 2014 dans le cadre de Serval puis de Barkhane alors qu’il commandait le 2e peloton de l’Escadron d’Eclairage et d’Investigation de la 2e Brigade Blindée (Escadron Leclerc).

 

Le lieutenant Tencheni nous fait part de son ressenti et de ses réflexions, notés au jour le jour, à chaud, sur la situation au Sahel, l’armée française, ses supérieurs et ses hommes. La complexité africaine est évoquée dans de nombreux passages. Si l’auteur développe peu les aspects géopolitiques du conflit, il dépeint un Mali divisé en deux, avec un Nord dominé par les touaregs et un Sud par les populations noires. Les problèmes d’entente entre les deux groupes sont accentués par la présence de multiples factions, islamistes ou non, les changements de camps au gré des variations de situations et d’intérêts. La valeur et la fiabilité des troupes de la région sahélienne sont perçues de manière variable. Les forces tchadiennes sont jugées positivement, en dépit de croyances ancestrales qui les poussent à prendre trop de risques ou à faire confiance à des gris-gris. En revanche, les troupes maliennes sont vues avec plus de circonspection, sauf les parachutistes.

 

Autre point intéressant: les difficultés matérielles de l’armée française. Les matériels, VAB et VBL, sont vétustes, l’instruction au tir à balles est insuffisante, les entraînements sur simulateur trop fréquents. Surtout, les problèmes logistiques sont importants et ont un impact d’autant plus grave sur la disponibilité des matériels que les conditions régionales, que ce soit le terrain ou le climat, sont particulièrement éprouvantes. Les crevaisons de pneus sont ainsi régulières dans le désert, accentuées par la consigne de ne pas en changer, par souci d’économie, avant une usure complète.

 

Les relations humaines sont, bien entendu, au cœur de l’ouvrage. La camaraderie d’arme, de troupe et d’école occupe une place importante, soutenue par la tradition sur laquelle l’auteur insiste à de multiples reprises. Les retrouvailles avec d’autres militaires fréquentés antérieurement sont fréquemment un moment de plaisir que l’on célèbre, quand cela est possible, autour d’une bière ou d’un verre de vin. Les tensions entre troupes ne sont toutefois pas absentes, les marques de mépris et, peut-être, les jalousies non plus. On peut dire, par exemple, que le lieutenant Tencheni ne porte pas les forces spéciales dans son cœur!

 

L’auteur s’interroge aussi sur les questions de hiérarchie et d’obéissance – on aurait aimé en savoir davantage sur les relations compliquées avec le commandant d’unité, marquées par la méfiance, la distance et l’absence de cordialité. Le titre en dit d’ailleurs assez sur la place d’un lieutenant qui doit à la fois obéir aux ordres venant de ses supérieurs et les faire appliquer de manière très concrète à ses subordonnés, sans forcément connaître toutes les raisons qui ont conduit à ces décisions. Ne se cantonnant pas dans une obéissance aveugle, le lieutenant Tencheni laisse parfois paraître les tiraillements qui peuvent exister en son for intérieur: "… en tant que militaire, je reste discipliné et obéissant envers mes chefs et leurs décisions que je retransmets à mon niveau à mes subordonnés, mais en tant qu’officier, je garde un esprit critique autant envers mes choix que ceux des autres et en tant que Français, je revendique une liberté de pensée…"

(© blogdéfense)

(© blogdéfense)

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La Royal Navy poursuit sa modernisation (2 et fin)

Publié le par Dimitry Queloz

Des problèmes budgétaires à moyen terme?

 

Si la Royal Navy poursuit sa lente remontée en puissance après une période de vaches maigres, de nouveaux problèmes budgétaires sont peut-être en train de se profiler à l'horizon. Entre 2017 et 2027, le ministère de la Défense britannique prévoit 179,7 milliards de livres de dépenses d’équipement, cette somme comprenant un montant de 6 milliards de réserve. Or, selon le rapport du 31 janvier dernier du National Audit Office, ce plan n’est pas tenable. Il manquerait entre 5 et 21 milliards environ. Ce problème budgétaire pourrait encore être aggravé par le Brexit. D’une part, les conséquences économiques de la sortie de l’UE et leur influence sur le budget britannique ne sont pas encore connues. D’autre part, la baisse de la livre, amorcée depuis plusieurs mois, pourrait se poursuivre et faire augmenter le coût des équipements achetés à l’étranger, notamment aux USA.

 

Pour faire face à cette situation délicate, le gouvernement britannique semble préparer un plan d’austérité dont trois variantes ont été dévoilées au début janvier par la presse d’outre-manche. Afin de financer les équipements prévus, des réductions drastiques en personnels et en moyens sont envisagées. Toutefois, aucune décision n’est prise, les choix ayant été repoussés à plusieurs mois, le temps de rédiger semble-t-il une nouvelle revue stratégique.

 

Les trois scénarios, qui prévoient une réduction de quelque 14'000 personnels, représenteraient une véritable catastrophe pour l’armée britannique. En ce qui concerne la Royal Navy, l’option la plus radicale envisage la suppression de 2'000 hommes, ainsi que le retrait du service de sept frégates de Type 23 et des deux transports de chalands de débarquement HMS Bulwark et HMS Albion. Quant à l’option la moins douloureuse, elle préconise une réduction d’effectif de 1'500 personnels, le retrait du service immédiat de deux frégates de Type 23 et d’un des deux navires de la classe Albion, le second devant subir le même sort en 2023.

Le HMS Ocean au cours de l'opération Ellamy au large de la Libye en 2011. (© Royal Navy)

Le HMS Ocean au cours de l'opération Ellamy au large de la Libye en 2011. (© Royal Navy)

Réduction de la force amphibie ?

 

La diminution du nombre de frégates, entre deux et sept unités, porterait un sérieux coup à la Royal Navy dont le nombre de grands navires de surface, frégates et destroyers, est actuellement déjà très bas et permet difficilement de remplir toutes les missions. Toutefois, ce qui a soulevé le plus de craintes au Royaume-Uni a été la menace pesant sur la force amphibie.

 

Traditionnellement, la marine britannique dispose d’importantes capacités de projection de forces. Celles-ci viennent d’être réduites avec le retrait du service et la vente du porte-hélicoptères HMS Ocean au Brésil pour la somme de 84 millions de livres environ. Entré en service en 1998, le bâtiment n’était donc pas obsolète. Il a servi dans de nombreuses missions allant du soutien humanitaire après les ouragans Irma et Maria dans les Caraïbes en 2017 à l’engagement contre les forces libyennes dans le cadre de l’opération Ellamy en 2011, en passant par la sécurité lors des jeux olympiques de Londres en 2012.

 

Déplaçant 22'000 tonnes, le HMS Ocean pouvait embarquer une vingtaine d’hélicoptères, Apache, Merlin, Chinook notamment et jusqu’à 500 hommes. Sa mission principale consistait à mener des opérations aéromobiles, transport de troupes ou attaque contre des objectifs terrestres. Il pouvait également embarquer 40 véhicules et du matériel. S’il ne disposait pas de radier, il pouvait débarquer ces derniers grâce à un système de rampe situé à l’arrière du bâtiment. Enfin, ses petits chalands de débarquement sous bossoirs lui permettaient de mettre à terre troupes et matériel.

 

Le retrait du service prématuré du HMS Ocean diminue donc de manière significative les capacités de projection de forces de la Royal Navy. La prochaine entrée en service des nouveaux porte-avions, qui reprendront à leur compte ses missions, atténuera dans une certaine mesure ce recul capacitaire. S’ils pourront embarquer bien davantage d’hélicoptères, voire des convertibles MV-22 Osprey, ils ne seront pas en mesure, faute de radier, de débarquer des véhicules. De plus, ils seront surdimensionnés pour de simples missions humanitaires.

 

Après le retrait du HMS Ocean, les deux TCD de la classe Albion forment désormais l’épine dorsale des forces amphibies britanniques. Longs de 176 mètres pour un déplacement de 19'500 tonnes, ils peuvent embarquer près de 70 véhicules, dont des chars de combat Challenger 2, et plus de 700 hommes. Leur radier de grande taille leur permet de mettre en œuvre quatre chalands lourds LCU Mk10 et quatre léger LCVP Mk5. Leur plate-forme arrière peut par ailleurs accueillir des hélicoptères lourds de la taille des Chinook. Le désarmement de l’une ou des deux unités feraient des trois TCD auxiliaires du type Bay, dont les capacités amphibies sont limitées en raison de la petite taille du radier, les principaux moyens de projection de forces britanniques.

 

La Royal Navy oscille donc entre, d’une part, modernisation et remontée en puissance et, d’autre part, réduction des effectifs et pertes capacitaires. Cette situation très inconfortable et problématique à plus d’un titre est la conséquence d’une politique d’engagement ruineuse dans des interventions extérieures longues et coûteuses, d’une politique de défense versatile, peu cohérente dans le long terme, peut-être par moments trop ambitieuse, et de la crise économique de 2008 qui a été la plus grande crise depuis celle des années 1930. Nombre de programmes d’équipements ont en effet été décidés à la fin des années 1990 et au début des années 2000 lorsque l’économie britannique se portait comme un charme et que l’armée britannique n’avait pas encore été usée par une décennie d’opérations en Irak et en Afghanistan.

Les HMS Bulwark et HMS Ocean de la Joint Expeditionary Force (Maritime) (JEF(M)) en Méditerranée en 2016. (© Royal Navy)

Les HMS Bulwark et HMS Ocean de la Joint Expeditionary Force (Maritime) (JEF(M)) en Méditerranée en 2016. (© Royal Navy)

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