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Mai-juin 1940: La Luftwaffe attaque! (2)

Publié le par Dimitry Queloz

Les Troupes d’aviation et de DCA au début de la Deuxième Guerre mondiale

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’aviation militaire suisse ne connaît pas un développement comparable à celui des forces aériennes des puissances européennes. Les différents retards ne sont pas comblés dans l’après-guerre, si bien que, à la fin des années 1920, elle se trouve dans un état de sous-développement notoire. Dès son arrivée au Gouvernement, le conseiller fédéral Rudolf Minger prend des mesures pour renforcer l’organisation des troupes d’aviation et les doter d’avions modernes.

La nouvelle Organisation des troupes de 1936, entrée en vigueur en 1938, consacre l’indépendance des troupes d’aviation, jusque-là subordonnées à l’Etat-major général, ainsi que le regroupement avec la DCA. Les nouvelles Troupes d’aviation et de DCA, dotées de 300 appareils, comprennent 21 compagnies (escadrilles) regroupées en 3 régiments. La réforme doit être entièrement terminée en 1942.

En ce qui concerne le matériel, le Parlement accorde en 1930 un crédit de 20 millions de francs pour l’achat de 40 biplaces Fokker CV et 65 chasseurs Dewoitine D-27. Ces avions sont cependant rapidement dépassés en raison de la rapidité des progrès techniques. De plus, l’Organisation des troupes de 1936 nécessite l’acquisition de nouveaux appareils en raison de l’augmentation des effectifs, qui passent de 125 à 300. Les Troupes d’aviation sont confrontées à d’importantes difficultés. Tout d’abord, la définition des besoins doit tenir compte des appareils disponibles sur le marché et des moyens financiers. Le problème est particulièrement aigu pour le choix de l’avion polyvalent. Un bimoteur serait plus performant, mais plus cher à l’achat et à l’entretien qu’un monomoteur. Finalement, c’est le C-35 qui est retenu, en dépit de la médiocrité de ses performances. En raison de l’incapacité de l’industrie aéronautique helvétique à construire un chasseur à hautes performances, il est nécessaire de se tourner vers l’étranger pour équiper les escadrilles de chasse. Le moment n’est cependant pas des plus opportuns. D’une part, les appareils existants sont obsolètes, tandis que les projets en cours de développement ne peuvent encore être achetés. D’autre part, les circonstances du moment limitent les possibilités d’achats. Certains pays, en plein effort de réarmement, rechignent à vendre des armes à la Suisse. En France, l’arrivée au pouvoir du Front populaire conduit à une interruption temporaire des négociations d’achat.

Finalement, la Suisse peut acheter des MS-405 à la firme française Morane Saulnier et des Messerschmitt Me-109 à l’Allemagne. Le programme Morane prend du retard et les premiers appareils, construits sous licence avec des modifications – notamment un moteur Hispano-Suiza et des mitrailleuses alimentées par bandes – et rebaptisés D-3800, sont livrés à partir du milieu de l’année 1939. Le 21 octobre 1938, le Conseil fédéral accepte d’acheter des Messerschmitt Me-109. Un premier lot de 40 avions – 10 Me-109 D (équipés d’un moteur Jumo de 680 CV) et 30 Me-109 E (dotés du moteur DB 601 de 950 CV) – est commandé. Ces appareils permettent d’équiper trois escadrilles au début de la guerre. Un second lot de 50 unités est acheté quelques semaines avant le début des hostilités.

Au moment de la mobilisation des Troupes d’aviation, le 29 août 1939, le parc aérien comprend 225 appareils, soit 58 D-27, 10 Me-109 D, 30 Me-109 E, 49 CV et 78 C-35. Il manque donc 80 avions et 5 escadrilles ne peuvent être mises sur pied. De plus, seuls les Messerschmitt Me-109 sont réellement modernes. Leur aptitude au combat est, par ailleurs, le fruit d’importants efforts, car il a fallu terminer de les équiper – notamment en matériel radio – et les armer en Suisse, avec les moyens à disposition. Quant à la DCA, sa situation est encore plus critique. Les moyens à disposition de la troupe se limitent à 7 canons de 7,5 cm et 24 de 20 mm.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, les Troupes d’aviation sont en pleine restructuration et ne disposent que de moyens limités. Ce résultat est la conséquence d’une longue absence de politique en matière aérienne et de moyens financiers limités. Le renforcement initié une décennie plus tôt par Minger n’a pas encore porté tous ses fruits, les retards étant beaucoup trop nombreux. Heureusement, les Troupes d’aviation ont eu jusqu’en mai 1940 pour poursuivre leur modernisation avant d’avoir à affronter la Luftwaffe. (A suivre)

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link 18/03/2014 13:21

Thanks for taking the readers into some useful areas associated with the defense strategies adapted in the modern world. Aviation sector plays a vital role in determining the success or failure of war and that is why powerful nations give priority to make their air force strong.