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A propos de Flottes de combat (1)

Publié le par Dimitry Queloz

Paru en décembre dernier, l'édition 2012 de Flottes de combat, ouvrage de référence mondiale réalisé par Bernard Prézelin, vient de faire l'objet d'une série d'articles de synthèse sur le non moins remarquable site d'information et d'actualité maritime Mer et marine. Ces articles présentent les grandes tendances de ces dernières années et les récentes évolutions en ce qui concerne les flottes militaires du monde entier.

Bien que touchée par les difficultés budgétaires, l'US Navy, avec ses dix porte-avions, reste, et de loin, la plus puissante marine au monde. Elle conservera par ailleurs sa suprématie - ou à tout le moins une large supériorité - sans doute pendant plusieurs décennies encore. La flotte russe, quant à elle, se relève lentement des énormes difficultés qu'elle a connues au lendemain de la chute de l'URSS, mais elle se trouve face à de nombreux défis, notamment techniques. Sa modernisation s'effectue difficilement et deux voies différentes ont été adoptées pour la maintenir à niveau: l'achat de matériel à l'étranger avec transfert de technologie - 4 bâtiments de projection et de commandement (BPC) ont ainsi été commandés à DCNS et aux chantiers navals STX de St-Nazaire - et la mise en service de bâtiments de conception ancienne mais éprouvée, que les chantiers nationaux sont en mesure de construire. De leur côté, les marines asiatiques poursuivent leur développement qui s'inscrit dans un cadre plus général de course aux armements régionale et de tensions politiques grandissantes. La flotte chinoise continue à mettre en service de nouveaux navires à un rythme tel qu'elle va devancer celle de son voisin russe dans quelques années. La marine japonaise est désormais quatrième au classement, devant la Royal Navy, tandis que la flotte indienne talonne celle de la France et pourrait bientôt la dépasser.

Le recul des flottes européennes - essentiellement la Royal Navy et la Marine nationale, seules marines du vieux continent à capacité mondiale - dans le classement international, amorcé il y a quelques années, se confirme donc: on ne trouve plus aucune d'entre elles dans le quatuor de tête!

Ce classement, selon le tonnage, ne tient cependant pas compte de certains facteurs comme la qualité des matériels, la possession de capitalship (porte-avions et sous-marins nucléaires d'attaque), le savoir-faire technique et opérationnel ou le nombre de navires capables d'être déployés à longue distance. Les marines européennes, souvent relativement plus modernes et dotées d'un savoir-faire de premier ordre, sont donc en réalité sans doute encore supérieures à certaines de leurs rivales, même si elles sont moins importantes en termes de tonnage. Ceci dit, la tendance générale au recul est préoccupante, d'autant qu'elle risque de se renforcer dans les prochaines années par effet ciseau, en raison des coupes dans les budgets de défense européens - la déclaration du Président François Hollande du jeudi 28 mars ne donne qu'une garantie toute relative selon nous - et de l'augmentation des dépenses militaires des puissances émergentes. (A suivre)

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Julian Corbett

Publié le par Dimitry Queloz

HENROTIN, Joseph, Julian Corbett. Renouveler la stratégie maritime, Paris, Argos Editions, 2013, 146 pages

Joseph Henrotin, spécialiste des questions navales (Les fondements de la stratégie navale au XXIe siècle, Paris, Economica, 2011, 496 pages), inaugure la nouvelle collection "Maîtres de la stratégie" des éditions Argos avec ce livre synthétique consacré au Britannique Julian Stafford Corbett, dont les Principes de stratégie maritime, publiés en 1911, constituent un des ouvrages théoriques fondamentaux de la pensée militaire du XXe siècle.

Né en 1854, Julian Corbett est issu d'une famille aisée. Après de nombreux voyages et, accessoirement, des études d'avocat, il écrit des romans qui se vendent mal. Il se consacre à l'histoire et aux questions militaires à la suite du succès de deux petites biographies sur George Monk (1889) et Francis Drake (1890). Ses ouvrages portent notamment sur la marine anglaise des XVIe et XVIIe siècles, puis sur la bataille de Trafalgar. Il rédige également une histoire de la guerre navale russo-japonaise qui n'est pas publiée pour des raisons de maintien du secret militaire et est chargé par l'Amirauté, au début de la Première Guerre mondiale, d'écrire l'histoire navale officielle de la guerre .

La notoriété conduit Corbett à donner, dès 1902, des conférences sur la stratégie maritime au War Course College (futur Royal Naval War College). Proche de l'amiral Fisher, qui réforme la Royal Navy entre 1904 et 1910 en lui faisant adopter les Dreadnought et les croiseurs légers, Corbett devient l'un des premiers "analystes civils de défense". Dans ce cadre, il participe aux études consacrées à l'analyse du développement de la puissance allemande.

Au cours de la guerre, grâce à sa position institutionnelle, Corbett continue à exercer une certaine influence sur les décisions de l'Amirauté. Il rédige notamment la première instruction adressée à l'amiral Jellicoe, commandant de la Grand Fleet. Après la bataille du Jutland, Corbett se retrouve pris dans la controverse qui oppose les amiraux Jellicoe et Beatty et leurs partisans respectifs. D'une part, sa tâche d'historien officiel du conflit se complique. D'autre part, il est accusé d'avoir influencé Jellicoe. Lorsque ce dernier est remplacé par Beatty à l'Amirauté, sa situation devient de plus en plus délicate. Fatigué par le travail et usé par les critiques, il meurt en 1922, avant d'avoir pu achever la publication du troisième tome de l'historique naval de la guerre dont il avait la charge.

Corbett transpose au domaine maritime les conceptions stratégiques de Clausewitz, qu'il a lu avec beaucoup d'attention. Sa réflexion théorique se focalise notamment sur le contrôle des lignes de communication, la maîtrise de la mer et la "flotte en vie". Ses conceptions sur la guerre limitée ont été vivement critiquées - à tort - par les adeptes d'une approche mahanienne de la stratégie navale. Il a été accusé d'avoir donné une fausse idée de la guerre navale dans laquelle la bataille décisive n'aurait plus court, ce qui aurait conduit le commandement de la Royal Navy à une trop grande prudence au cours de la Première Guerre mondiale.

Les écrits de Corbett méritent d'être lus, surtout à une époque où les océans jouent un rôle majeur, que ce soit pour le commerce - plus de 90% des marchandises sont transportées par mer - ou pour leurs ressources naturelles. De plus, les conceptions théoriques du penseur britannique sont transposables dans d'autres domaines stratégiques; elles ont notamment été appliquées dans la stratégie spatiale.

 

(© blogdefense.overblog.com)

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Obligation de servir (3)

Publié le par Dimitry Queloz

La Constitution et la loi sur l'organisation militaire de 1874

La Constitution de 1874 reprend l’obligation générale de servir adoptée dès 1848. Toutefois, l'article 20 restreint radicalement les compétences des cantons. Désormais, la législation militaire est du ressort de la seule Confédération, de même que l’instruction et l’armement. Les cantons ne sont plus que des organes d’exécution, dans le cadre fixé par la Confédération et sous sa surveillance. La nouvelle loi d'organisation militaire, adoptée quelques mois plus tard, organise ensuite l'armée selon un modèle qui durera près d’un siècle et demi.

Dans le domaine de l’obligation de servir, la nouvelle législation assure pour la première fois au principe d’obligation de servir une application complète au niveau fédéral. Les contingents cantonaux sont supprimés et chaque citoyen doit faire service entre 20 et 44 ans. L’armée fédérale se compose de deux classes: l’élite (20 à 32 ans) et la landwehr (33 à 44 ans). Les effectifs sont de 215'000 homme (120'000 pour l’élite et 95'000 pour la landwehr).

 

L’organisation du landsturm (1886)

En 1886, une extension de l’obligation de servir est adoptée, avec l'organisation du landsturm. Ce dernier représente la levée en masse de tous les citoyens âgés de 17 à 50 ans, aptes au service mais non-incorporés. Cette loi permet de mettre sur pied 200'000 hommes supplémentaires. Notons toutefois qu'une telle mobilisation n'aurait lieu qu’en cas de guerre et qu’il n’y a aucune obligation de service en temps de paix pour les hommes concernés. En fin de compte, cette loi a surtout pour but d’assurer le statut de belligérants à la levée en masse du peuple en cas de conflit.

 

La loi sur l’organisation militaire de 1907

Au milieu des années 1880, les autorités politiques et militaires sont d’accords pour dire que la loi de 1874 a atteint ses limites. Il y a cependant débat sur les modalités de la réforme à adopter pour moderniser l’armée. En 1895, un projet totalement centralisateur nécessitant une modification de la Constitution est rejeté en votation populaire, mettant un terme à tout projet de centralisation complète de l’armée jusqu’en 2004.

A la suite de cet échec, le débat reprend. Après une modification de l'organisation de la landwehr en 1897, il se transforme en conflit pour des raisons personnelles. Les vainqueurs de celui-ci - les officiers regroupés autour du futur général Wille - occupent les places importantes dans l'administration militaire et dans l'armée et peuvent commencer les réformes jugées nécessaires. La nouvelle loi sur l'organisation militaire, qui ne va toutefois pas aussi loin que ce que les réformateurs souhaitaient, entre en vigueur en 1907.

Le service militaire est désormais obligatoire entre 20 et 48 ans. Les classes d’âge se composent de la manière suivante: élite de 20 à 32 ans, landwehr de 33 à 40 ans et landsturm de 41 à 48 ans. Adoptée peu avant la Première Guerre mondiale et complétée par une organisation des troupes en 1911, la loi de 1907 permet la mise sur pied de 250'000 hommes pour les formations de combat et 200'000 pour les services auxiliaires au moment de la mobilisation générale.

 

Conclusion

En Suisse, l'obligation de servir se caractérise par la précocité, la durée et un lien intime avec le système de milice. Cette obligation, héritière des législations antérieures des cantons remontant au Moyen Age, est en effet inscrite dans la Constitution fédérale dès la création de la Suisse moderne en 1848, qui se montre ainsi beaucoup plus précoce que ses voisins dans ce domaine - par exemple, en France, le service universel n'est adopté qu'en 1905. D'autre part, contrairement à nombre de pays européens, l'obligation de servir a perduré sans interruption jusqu'à nos jours.  Si, avant 1874, le principe a connu des problèmes dans son application, son existence ne saurait être niée. Quant au lien avec le système de milice, il est, lui aussi, incontestable. Dès 1848, l'armée fédérale est essentiellement composée de miliciens, à l'instar des troupes cantonales des régimes politiques antérieurs. Ces trois caractéristiques - précocité, durée et lien étroit avec le système de milice - font que l’obligation de servir a marqué de son empreinte les mentalités individuelles et collective de notre pays bien davantage que dans d'autres Etats. Comme le souligne Monsieur Streit, abandonner l'obligation de servir représenterait une véritable rupture historique! (Fin)

 

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Bréviaire tactique

Publié le par Dimitry Queloz

FRICK, Hans, Bréviaire tactique, Nancy, Le Polémarque, 2011, 130 pages

Officier de carrière de l’armée suisse, le colonel-divisionnaire Hans Frick (1888-1975) a été instructeur d’infanterie jusqu’en 1929, chef de la section instruction à l’EMG (1930-1938), sous-chef d’état-major front de l’EMG (1938-1939), commandant de la 7e division (1941-1944) et chef de l’instruction de l’armée (1945-1953). Auteur d’écrits nombreux et variés, notamment le règlement de service de 1933 et le règlement sur la conduite des troupes de 1951, Frick n’a publié qu’un seul livre, le Bréviaire tactique. Cet ouvrage est paru en allemand en 1943 avant d’être traduit en français l’année suivante par le major Ed. Bauer, professeur à l’université de Neuchâtel et historien militaire. Il connaîtra également une traduction en espagnol, tandis qu’un projet en anglais ne sera finalement pas mené à terme.

La présente édition comprend le texte en français et la préface de 1944, un avant-propos de Pierre Streit, directeur scientifique du Centre d’Histoire et de Prospective Militaires (CHPM) de Pully, une préface de Jean-Jacques Langendorf, écrivain et historien bien-connu de la pensée militaire, et des commentaires d’Alain Baeriswyl, officier instructeur d’infanterie et spécialiste des méthodes d’instruction au tir, et de François Villard, expert en sécurité aérienne et directeur de la société Air Safety Security Services.

Le Bréviaire tactique est un ouvrage court - moins d’une centaine de pages - articulé en treize chapitres. Cette concision découle des circonstances – Frick écrit pendant la guerre – de la personnalité et des qualités de rédacteur de l’auteur – il a toujours écrit des ordres brefs et clairs - et de la volonté d’exclure tout ce qui a trait aux procédés et aux circonstances particulières de l’époque. Le texte, qui n’est pas un manuel de tactique, "se contentera donc de poser les principes tactiques qui conservent un caractère permanent et qui, tout compte fait, demeurent valables en vue du combat, quel qu’il soit". Soulignons encore les talents pédagogiques de Frick. La concision et le style lapidaire du texte en rendent la lecture rapide et facile. Les phrases courtes, sonnant souvent comme des aphorismes ("Il n’existe ni ne saurait jamais exister de fortifications imprenables."), marquent fortement le lecteur.

Frick s’inspire de ses expériences personnelles, commandements de troupes et enseignements dans diverses écoles, et puise dans l’histoire. Sa référence principale est Clausewitz, qu’il cite d’entrée de jeu ("La guerre, selon Clausewitz, n’est que la continuation de la politique, à l’aide d’autres moyens."). Frick insiste en effet sur l’importance de l’homme ("L’homme constitue et demeurera toujours le moyen de combat par excellence.") et de son caractère, sur les aspects moraux de la guerre ("Les lois de la guerre sont simples. Mais, dans la réalité du combat, il arrive souvent qu’elles se contredisent. Une âme faible succombe au milieu de l’accumulation de leurs exigences contradictoires, et seul un caractère d’airain, uni à une pensée claire et ferme, se trouve capable de discerner à laquelle il convient de donner la préférence dans chaque situation, ou encore jusqu’à quel point il convient d’établir un compromis entre elles."), sur la destruction de l’adversaire ("Le but du combat, c’est la victoire, c’est la destruction de l’ennemi."). Comme le souligne Jean-Jacques Langendorf, Jomini est cependant aussi présent, par la simplicité et la clarté des idées, l’insistance sur les aspects immuables des principes de la stratégie et le rôle des combinaisons.

Le Bréviaire tactique constitue un ouvrage important dans l’histoire de la pensée militaire suisse, par sa clarté, sa concision et la qualité de son contenu tout d’abord; par le fait aussi que les publications militaires helvétiques sont relativement rares dans ce domaine; enfin parce qu'il est traduit dans une deuxième langue nationale, ce qui le rend accessible à une majorité. Certains pourraient toutefois lui reprocher de trop négliger les armes modernes, chars et aviation, et de s’en tenir presque exclusivement à la guerre classique.

 

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Obligation de servir (2)

Publié le par Dimitry Queloz

La Constitution de 1848 et la loi sur l’organisation militaire de 1850

La Constitution de 1848 est la première constitution de la Suisse, si l’on excepte celle de la période révolutionnaire, inspirée du modèle français. Elle représente un jalon fondamental de l’histoire du pays, car c’est avec elle que naît la Suisse moderne. Elle introduit également une première centralisation très importante de l’armée au niveau fédéral. La direction des affaires militaires est ainsi remise au Conseil fédéral chargé de la sécurité extérieure de la Suisse, les cantons perdant toute compétence dans ce dernier domaine. Cette centralisation n’est cependant pas complète, et elle va se poursuivre petit à petit au gré de réformes constitutionnelles et législatives. Le processus sera long puisqu’il ne se terminera qu’un siècle et demi plus tard avec l’entrée en vigueur de l'organisation Armée XXI en 2004.

La Constitution de 1848 est complétée par la loi sur l’organisation militaire du 8 mai 1850 et diverses autres lois adoptées dans la foulée. En ce qui concerne l’obligation de servir, ces textes apportent des nouveautés significatives. La Suisse n’a pas d’armée permanente et les cantons ne peuvent avoir à leur disposition qu’un contingent limité à 300 hommes. Le principe de l’obligation de servir pour tous les citoyens est retenu, globalement entre 20 et 45 ans. Il n’y a plus de possibilité de remplacement et ceux qui ne font pas de service doivent payer un impôt, la taxe militaire. Trois classes d’âge sont définies: l’élite (20 à 34 ans), la réserve (35 à 40 ans) et la landwehr (41 à 45 ans). Seules les deux premières classes forment l’armée fédérale. La landwehr est à la disposition des cantons, mais peut être employée par la Confédération en cas de besoin. Avec cette organisation, les effectifs s'élèvent à environ 104'500 hommes (69'500 pour l'élite et 35'000 pour la réserve).

Le principe de l’obligation générale de servir, pourtant inscrit dans la Constitution, connaît des difficultés d'application. Il faut préciser que cette obligation s’exerce non pas au niveau fédéral, mais au niveau cantonal. Les cantons ne doivent fournir à l’armée fédérale qu’un effectif précis, calculé tous les vingt ans sur la base du dernier recensement, soit 4,5% de leur population totale de l’année du recensement (3% pour l’élite et 1,5% pour la réserve). Les contingents étant les mêmes pour une durée de vingt ans, on comprend très vite qu’avec l’augmentation régulière de la population, la proportion de soldats à fournir ne peut que diminuer entre deux recensements. Ainsi, tous ceux qui sont théoriquement astreints au service dans le cadre de l’élite et de la réserve ne sont pas forcément incorporés dans l’armée fédérale.

Les raisons de cette différence entre obligation légale et pratiques sont multiples et essentiellement dues, outre le principe des contingents, au fait que ce sont les cantons qui sont compétents dans de nombreux domaines: recrutement, définition des inaptitudes, instruction des troupes...

Pour ce qui est du recrutement, chaque canton a son système et en définit l’âge, ainsi que les personnes astreintes au service. Le grand problème réside dans le fait que ce n’est pas toujours le canton de domicile qui est chargé de recruter. Ainsi, en cas de déménagement dans un autre canton, les informations ne sont pas forcément transmises. De plus, certains cantons ne convoquent pas les hommes domiciliés depuis moins d’une année. L’inaptitude pour raisons médicale est aussi très variable d’un canton à l’autre. Par exemple, en 1872, le canton de Fribourg a quatre fois plus d’hommes inaptes au service pour cette raison que celui du Valais.

 

Les limites de l’organisation de 1848 – 1850

L’organisation de 1848 – 1850 a apporté un progrès significatif par rapport à l’organisation antérieure. Elle a cependant aussi montré de graves lacunes et des limites qui apparaissent au fil du temps. Ces insuffisances s’avèrent d’autant plus grandes que les armées européennes connaissent des développements importants du fait des progrès techniques et de la constitution des Etats-nations en Italie et en Allemagne.

Dès 1867, le conseiller fédéral Emil Welti élabore un nouveau projet d’organisation militaire destiné à améliorer la situation. Ce projet, très novateur, nécessite une révision de la Constitution. La guerre franco-allemande de 1870-71, avec ses deux mobilisations, montre par ailleurs, de manière concrète, toutes les insuffisances du système en vigueur. Le général Herzog, dans ses rapports, fait preuve d’un grand réalisme et n’hésite pas à mettre en lumière toutes les négligences et les lacunes. Après le rejet d'un premier projet, une nouvelle constitution est finalement adoptée par le peuple en avril 1874. (A suivre)

 

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