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Articles avec #allemagne tag

Hitler face à Staline

Publié le par Dimitry Queloz

RICHARDOT, Philippe, Hitler face à Staline. Le front de l’Est 1941-1945, Paris, Belin, 2013, 384 pages

L’année 2013 a vu paraître nombre d’ouvrages sur la guerre entre l’Allemagne et l’Union soviétique parmi lesquels nous mentionnerons plus spécialement la biographie de Joukov publiée par Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri, ainsi que la grande synthèse (797 pages) de Nicolas Bernard, La guerre germano-soviétique, 1941-1945. De son côté, Philippe Richardot, entre autres administrateur de la Commission Française d’Histoire Militaire et membre du comité scientifique du Centre d’Histoire et de Prospective Militaires, nous livre, avec son Hitler face à Staline, un ouvrage fort intéressant bien que de taille plus modeste.

L’auteur traite plus particulièrement des opérations militaires du front de l’Est. Il adopte une démarche chronologique pour présenter, en 35 chapitres, une belle synthèse de ce théâtre d’opérations fondamental de la Deuxième Guerre mondiale. En effet, l’armée allemande a subi 80% de ses pertes sur ce front et l’Armée rouge a donc joué un rôle primordial dans la destruction de la puissance nazie.

Le sujet, qui peut paraître aride au premier abord, est toutefois traité de manière vivante. Bien écrit, le texte comprend de nombreuses anecdotes et des extraits de mémoires des principaux protagonistes qui en rendent la lecture plaisante. Il donne également nombre d’informations sur la vie quotidienne des troupes – notamment à propos des terribles conditions climatiques rencontrées en automne, saison de la raspoutitsa, et en hiver, avec ses températures extrêmes – et sur les différents matériels et armements employés par les deux belligérants. Enfin, les batailles sont décrites dans un langage très imagé et coloré qui donne une vision spectaculaire de la puissance des armements et de la dureté des combats.

Philippe Richardot ne se limite cependant pas aux seuls aspects militaires. Il les replace de manière synthétique dans les différentes phases de la guerre, tout en abordant également les dimensions politiques, économiques et idéologiques du conflit. Notons encore que les 35 chapitres, relativement courts, commencent généralement par une brève introduction qui permet de saisir les principaux enjeux.

Cette synthèse, qui intègre nombre de travaux récents, constitue une très bonne première approche du conflit germano-soviétique. Nous la recommandons donc tout particulièrement aux étudiants des universités, ainsi qu’aux enseignants du secondaire II qui voudraient traiter des aspects militaires du front de l’Est dans leurs cours.

(© blogdefense.overblog.com)

(© blogdefense.overblog.com)

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Les Amis du Km Zéro

Publié le par Dimitry Queloz

L’année 2014 sera marquée par le centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale. Les manifestations liées à la commémoration de ce tragique événement seront à la fois diverses et nombreuses. En France, la Mission du centenaire, présidée par le général Elrik Irastorza, a notamment pour but d’informer le grand public sur ces différentes manifestations. Un portail internet a été créé à cet effet: centenaire.org.

Parmi toutes ces initiatives à caractère historique ou mémoriel, en voici une qui intéresse nos voisins français et allemands mais qui concerne également la Suisse: Les Amis du Km Zéro. Outre son caractère international, cette association, qui se compose d’une "section" française et d’une suisse, présente l’originalité de s’intéresser à un secteur particulier du front Ouest, celui situé dans le Sundgau, près de la frontière avec la Suisse. A l’écart des principaux champs de bataille, cette région dont l’intérêt stratégique était limité a souvent été oubliée par les publications sur la Grande Guerre. Ainsi, Pfetterhouse n’est jamais cité alors que ce village constituait la limite Sud du front Ouest qui s’étirait jusqu’à Nieuport/Ostende sur la mer du Nord.

L’association Les Amis du Km Zéro a été constituée à la date symbolique du 11 novembre 2011, près de la borne 111 dans les environs de la ferme du Largin sur le territoire de la commune suisse de Bonfol. Elle s’est donné pour tâche d’inventorier, de dégager et de mettre en valeur les vestiges des fortifications construites par les troupes françaises, allemandes et suisses sur les communes françaises de Mooslargue et de Pfetterhouse et sur celle de Bonfol. Des études seront également menées dans les archives des trois pays et les résultats feront l’objet de conférences et de publications.

A ce jour, plusieurs réalisations sont achevées, tandis que d’autres nécessitent encore quelques mois de travaux. Un sentier didactique international de 7 kilomètres, équipé de panneaux explicatifs, est en cours d’aménagement, financé par l’Office du tourisme intercommunautaire du Sundgau et le Canton du Jura. Il permettra de découvrir des vestiges de fortifications, notamment, côté allemand, des tranchées et des fortins bétonnés et, côté français, le premier blockhaus depuis la frontière suisse, surnommé la "Villa Agathe", et un abri enterré de première ligne en tôle. Comme souvent, les fortifications allemandes sont nettement mieux conservées que celles construites par les troupes françaises. Cette différence s’explique par le fait que les Allemands ont davantage employé le béton, leurs fortifications et leurs ouvrages devant durer dans le cadre d’une stratégie plus défensive. Côté français, l’approche est différente. D’une part, les fantassins sont très mal instruits et équipés pour la construction de fortifications. Avant guerre, il n’est pas dans l’esprit du soldat et de l’officier français de remuer la terre. D’autre part, la volonté de terminer la guerre par l’offensive conduit à ne pas perdre du temps et des moyens dans la construction de tranchées qui n’avaient pas vocation de durer.

En Suisse, la commune de Bonfol a voulu mettre en valeur le site bien connu du Largin et a demandé le soutien de l’armée. Des troupes du génie ont aménagé une portion du sentier didactique, notamment en construisant une passerelle sur La Largue. Elles ont également reconstruit à l’identique le poste d’observation Nord situé près de la ferme du Largin, dont il ne restait plus que quelques vestiges des travaux de terrassement.

L’inauguration franco-suisse du sentier didactique aura lieu le 3 août 2014. A cette occasion, la Société jurassienne des officiers publiera une plaquette signée Claude-Henri Schaller et Hervé de Weck, intitulée Bonfol… Le Largin au «Kilomètre 0» du front Ouest (1914-1918).

Le fortin allemand au km 0 du front Ouest. Construit en béton, il était équipé d'un canon-revolver. (© Hervé de Weck)

Le fortin allemand au km 0 du front Ouest. Construit en béton, il était équipé d'un canon-revolver. (© Hervé de Weck)

La "Villa Agathe", le seul fortin en béton français dans le secteur de Pfetterhouse. (© Hervé de Weck)

La "Villa Agathe", le seul fortin en béton français dans le secteur de Pfetterhouse. (© Hervé de Weck)

Le poste d'observation suisse au nord de la ferme du Largin au cours de la Première Guerre mondiale. (© Hervé de Weck)

Le poste d'observation suisse au nord de la ferme du Largin au cours de la Première Guerre mondiale. (© Hervé de Weck)

La reconstruction à l'identique par le génie suisse en 2012. (© Hervé de Weck)

La reconstruction à l'identique par le génie suisse en 2012. (© Hervé de Weck)

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Traité de l'Elysée

Publié le par Dimitry Queloz

Le 22 janvier 1963, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer signaient le traité de l'Elysée. Cinquante ans plus tard, il ressort des diverses commémorations (cérémonies, discours, reportages, articles...) un double sentiment. Tout d'abord, un certain malaise en raison de la situation économique en Europe et, surtout, des nombreuses divergences - gestion de la crise, futur de l'Union européenne, politique extérieure... - au sein du couple franco-allemand, pourtant longtemps présenté comme le moteur de la construction européenne. En second lieu, le sentiment que la signature du traité a représenté un véritable succès. Nombre de médias et de commentateurs ont en effet souligné l'importance de l'événement dans la réconciliation entre la France et l'Allemagne, après une période de plusieurs décennies de guerres destructrices. Un ancien président de la République a même fait l'apologie du document, en soulignant qu'il trouvait le texte " excellent " après l'avoir relu pour la circonstance ! Cet enthousiasme pour un passé présenté sous ses meilleurs jours contraste donc fortement avec un présent chargé des plus grandes difficultés.

En réalité, le traité de l'Elysée ne constitue pas le plein succès que l'on nous a souvent présenté dans ces dernières semaines. Sur cette question précise et sur les relations franco-allemandes, nous recommandons de lire l'ouvrage du professeur Georges-Henri Soutou, L'alliance incertaine. Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996, Paris, Fayard, 1996.

Le traité de l'Elysée a certes marqué la première étape d'une véritable réconciliation entre la France et l'Allemagne. D'une part, les deux signataires ont, par leur prestige, donné au document une valeur symbolique de la plus haute importance. Il paraît même que le général de Gaulle, lui d'habitude si pudique, aurait embrassé le chancelier Adenauer après la signature du document ! D'autre part, le traité a contribué de manière significative au rapprochement durable entre les deux peuples via le troisième volet de son programme, relatif à l'éducation et à la jeunesse, qui a notamment permis la création de l'Office franco-allemand de la jeunesse.

Cependant, malgré cet important succès, le traité de l'Elysée doit être perçu comme un échec. Les deux premiers volets du programme, rarement évoqués lors des commémorations, prévoyaient une large coordination des politiques extérieures et de défense des deux Etats. La mise en œuvre de cette double collaboration n'a eu lieu qu'en de rares domaines - avant tout des échanges d'officiers et quelques programmes d'armement - et n'a duré que peu de temps. En juillet 1964 déjà, le sommet de Bonn sonnait le glas du rapprochement politique et militaire prévu dans le traité de l'Elysée.

Les raisons de cet échec sont multiples : pressions américaines qui voyaient d'un mauvais œil la constitution d'un noyau politico-militaire franco-allemand autonome, départ du chancelier Adenauer en automne 1963 qui orienta encore davantage la politique allemande en direction des Etats-Unis, adoption par le Parlement allemand d'un préambule vidant largement le traité de sa substance...

Les différends politiques entre la France et l'Allemagne ne datent donc pas d'hier. Ils constituent même une des caractéristiques des relations entre les deux pays depuis les années 1950, en dépit de remarquables collaborations et d'une véritable réconciliation après un siècle et demi de conflits. Cette dernière, désormais acquise, ne saurait cependant constituer à elle seule la base d'une politique commune pour le futur des relations franco-allemande et la construction de l'Europe.

 

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