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Articles avec #deuxieme guerre mondiale tag

Rütli. Une voie pour l'avenir

Publié le par Dimitry Queloz

STREIT, Pierre, SANDOZ, Suzette, Rütli. Une voie pour l’avenir, 1940-2015, Bière, Cabédita, 2015, 120 pages

Cet ouvrage, qui n’est pas à proprement parler un livre d’histoire, met en perspective un des événements fondamentaux de l’histoire de la Suisse de la Deuxième Guerre mondiale dont nous commémorons le 75e anniversaire cette année: le célèbre rapport du 25 juillet 1940 tenu au Rütli. Au lendemain de la défaite française, qui a causé un choc profond tant en France qu’en Suisse, le général Guisan a réuni l’ensemble des commandants de l’armée suisse à partir du grade de major, soit quelque 500 à 600 officiers – le nombre est incertain –, pour leur transmettre son message sur la conduite à tenir dans le cadre de la nouvelle situation internationale et de la stratégie du Réduit adoptée quelques semaines plus tôt.

Dans la première partie qui comprend une demi-douzaine de chapitres, Mme Suzette Sandoz, professeur honoraire de l’université de Lausanne et ancienne Conseillère nationale, livre une très intéressante réflexion sur la politique, l’histoire et le rôle des chefs. Pour Mme Sandoz, le lien entre histoire et politique est très fort dans le sens où, d’une part, la politique s’enracine dans l’histoire. L’"art de gouverner les hommes" – définition de la politique selon l’auteur – s’exerce toujours dans une certaine tradition historique et un cadre géographique spécifiques dont on ne peut faire fi. D’autre part, l’histoire (non déconstruite) représente le "terreau de l’avenir", car elle "permet de mesurer la responsabilité humaine, qui donne la dimension de l’homme. Elle fournit à ceux qui l’ont apprise la liberté d’en tirer ensuite des conclusions [Par conséquent, elle] enseigne le goût de l’avenir". Ce qui nous ramène à la politique. Dans ce domaine, le chef, chargé du destin de la communauté, joue un rôle fondamental. L’exemple du général Guisan, qui en a été un vrai, permet de mettre en exergue les qualités nécessaires au chef: il doit inspirer confiance à ses subordonnés, être lucide face au danger, transmettre un "message d’avenir et d’espoir". Le rapport du Rütli s’inscrit tout naturellement dans cette dernière problématique et son étude représente, par conséquent, non seulement un intérêt historique, mais aussi une "promesse d’avenir" pour les générations futures à une époque (presque) aussi troublée que les années 1940.

Dans la seconde partie, Pierre Streit, auteur de plusieurs livres d’histoire militaire dont certains ont été présentés précédemment sur blogdéfense (voir notamment celui sur la bataille de Morat), étudie le rapport lui-même en le replaçant dans le contexte de l’été 1940. Le discours de Guisan est mis en perspective et comparé avec deux autres grands discours de la période: celui du 18 juin du général de Gaulle et celui du 25 juin de Marcel Pilet-Golaz. Le premier présente diverses similitudes avec celui de Guisan: incertitude quant au détail des paroles prononcées, détermination face à la situation, esprit de résistance, compréhension de la nature de la guerre qui est envisagée en tant que lutte à l’échelle mondiale, suprématie de la guerre mécanisée… Dans ce dernier domaine, Guisan adopte cependant une position différente de celle de de Gaulle. Alors que celui-ci envisage la victoire grâce à la possibilité de constituer une force mécanisée supérieure à celle de l’Allemagne, Guisan développe son analyse en fonction de l’état de l’armée suisse et du récent choix stratégique du Réduit. La défaite française ne représente pas la "faillite du système défensif de la ligne Maginot" et, par conséquent, celle des fortifications en général, car l’armée allemande l’a contourné. En Suisse, la situation serait en outre différente du fait du relief qui favorise nettement le défenseur et le protège contre la puissance des chars et de l’aviation. Guisan souligne également une autre différence: la faiblesse morale de l’armée française de 1940.

La comparaison entre les discours de Pilet-Golaz et de Guisan s’avère plus délicate à faire. Le premier est l’objet d’un vaste débat en raison de son ambiguïté, qui a par ailleurs été renforcée du fait de sa traduction en allemand – celle-ci a été réalisée par le Conseiller fédéral Philippe Etter, "partisan d’un pouvoir fort", qui a notamment employé le terme très connoté de "Führer" pour traduire "guide". Pour l’auteur, on ne saurait opposer totalement les deux discours. Pilet-Golaz et Guisan partageaient nombre de convictions politiques. De plus, on trouve une idée maîtresse dans les deux discours: durer.

Mentionnons encore quelques annexes intéressantes: le texte de l’appel du général de Gaulle du 18 juin, le discours de Pilet-Golaz du 25 juin 1940, quelques témoignages sur le rapport du Rütli (notamment ceux de Bernard Barbey, chef de l’état-major particulier de Guisan, de Roger Masson, chef du service de renseignement de l’armée et rédacteur en chef de la Revue militaire suisse, de Robert Frick, attaché à l’état-major particulier de Guisan), quelques jugements d’historiens sur le rapport du Rütli.

Nous profitons de ce dernier article avant la pause estivale pour vous remercier, Amis Lecteurs, pour votre fidélité et vos encouragements qui nous font toujours très plaisir. Nous vous souhaitons un très bel été et d’agréables vacances. Au plaisir de vous retrouver à la fin du mois d’août!

(© blogdéfense)

(© blogdéfense)

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Churchill - De Gaulle

Publié le par Dimitry Queloz

Destins croisés de deux géants du XXe siècle au Musée de l’armée

Le Musée des Invalides et la Fondation Charles de Gaulle viennent d’inaugurer une fort belle exposition qui retrace les destins croisés des deux plus grands dirigeants politiques européens du XXe siècle. Le visiteur peut suivre les itinéraires de Winston Churchill et de Charles de Gaulle au travers d’une série de thèmes exposés le plus souvent chronologiquement: enfance et formation, carrière politique et militaire entre 1900 et 1940, rencontre et relations au cours de la Deuxième Guerre mondiale, départ du gouvernement en 1945-1946, écriture des Mémoires, position sur la construction européenne… Les documents présentés sont variés, souvent du plus grand intérêt, parfois touchants. Ils comprennent notamment des extraits de discours, des films dont certains sont visibles sur Youtube, une très riche iconographie, de nombreuses tenues – nous retiendrons plus particulièrement un uniforme des hussards et une combinaison en velours de Churchill –, des lettres et des bulletins de notes, le disque sur lequel est enregistré le discours de de Gaulle du 22 juin 1940…

En dépit de leurs nombreuses différences – origine sociale, âge, éducation, parcours jusqu’à leur rencontre de l’été 1940 –, Churchill et de Gaulle partagent de nombreux points communs, que ce soit en matière de personnalité ou de conception du Monde: sens de l’histoire, esprit de grandeur, force de caractère, passion pour la littérature et l’écriture, goût pour la modernité, volonté de combattre... Comme le souligne très justement un texte de l’exposition, ce sont des "esprits non conformistes et paradoxalement fidèles aux traditions nationales".

Churchill et de Gaulle descendant les Champs-Elysées le 11 novembre 1944. (© Musée de l'armée)

Churchill et de Gaulle descendant les Champs-Elysées le 11 novembre 1944. (© Musée de l'armée)

Cette exposition si riche et chargée d’émotion – le visiteur ressent à chaque instant le poids de l’histoire et l’esprit des deux géants – commence par mettre en exergue l’importance du verbe. Churchill et de Gaulle sont des "orateurs remarquables". Ils ont tout deux employé le nouveau media de l’époque, la radio, qui permettait d’atteindre un large public, directement, même dans des pays lointains, en dépit de la censure et des brouillages. Au cours de la guerre, Churchill a ainsi prononcé 56 discours à la BBC et de Gaulle 67, sans compter les nombreux autres devant le Parlement pour le premier, à l’Albert Hall et à radio Brazzaville pour le second.

Un autre aspect développé dans l’exposition est l’importance accordée à la culture et à la formation – à retenir, surtout par les temps qui courent! Si Churchill a été un cancre tout au long de sa scolarité, il s’est ensuite rendu compte, à 22 ans alors qu’il était en garnison à Bangalore, de son manque de connaissances et s’est mis à s’instruire, en lisant. De son côté, dans Vers l’armée de métier, de Gaulle écrit: "La véritable école du Commandement est la culture générale". Sa formation est classique, sous l’influence de son père, "homme de pensée, de culture, de tradition". L’histoire et la littérature en constituent les deux piliers. Chateaubriand et surtout Péguy ont marqué la jeunesse du Général qui ne pouvait que se reconnaître dans l’esprit profondément religieux et patriote des écrits de ce dernier – "Mère, voici vos fils qui se sont tant battus", "L’ordre et l’ordre seul fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude". Churchill et de Gaulle ont aussi beaucoup écrit, et bien écrit. Le premier a reçu le Prix Nobel de littérature en 1953, ce qui a peut-être rendu jaloux le second comme le laisse croire une superbe caricature de l’exposition. Quant aux écrits du Général, leur qualité est incontestable et certaines de ses pages, notamment dans les Mémoires de guerre, sont dignes de figurer dans les anthologies de la littérature française.

Terminons cette trop brève présentation en disant encore quelques mots à propos des relations entre les deux hommes. Avant juin 1940, Churchill et de Gaulle ne se connaissent pas. Le 13, au terme d’une de leurs premières rencontres, Churchill discerne en de Gaulle "l’homme du destin" qui partage nombre de ses convictions quant à la situation du moment: volonté de se battre, même vision d’une guerre où se joue l’avenir de la civilisation occidentale, caractère planétaire du conflit. Il le soutient dès lors dans sa poursuite du combat aux côtés de l’Angleterre. Les relations sont toutefois difficiles, les crises et les menaces de rupture fréquentes – les textes de l’exposition parlent de "mésentente cordiale". Les intérêts nationaux, parfois divergents, sont en jeu. De plus, le rôle grandissant des Etats-Unis dans la guerre ne fait qu’aggraver les tensions. L’Angleterre doit tenir compte de la position américaine en raison du soutien indispensable reçu d’outre-Atlantique. Surtout, Roosevelt est profondément hostile à de Gaulle en qui il voit un antidémocrate et un putschiste. Le président américain jouera la carte de Vichy, puis celle de Giraud, jusqu’à la dernière extrémité. De Gaulle ne sera reconnu comme autorité légitime qu’après le débarquement en Normandie, comme le montre bien le projet d’administration de la France libérée (AMGOT). Finalement, le pire a été évité. Les proches de Churchill et de de Gaulle ont joué un rôle de modération. De son côté, le Premier Ministre britannique, conscient des intérêts communs entre les deux pays et désireux de maintenir un équilibre en Europe, était contraint d’éviter toute ascension aux extrêmes.

L’exposition est à voir absolument jusqu’au 26 juillet 2015 au Musée des Invalides. Pour de plus amples informations, voir les sites internet du Musée de l’armée et de la Fondation Charles de Gaulle.

(© Musée de l'armée)

(© Musée de l'armée)

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Montgomery. L'artiste des batailles

Publié le par Dimitry Queloz

CAPET, Antoine, Montgomery. L’artiste des batailles, Paris, Perrin, 2014, 398 pages

L’année 2014 est particulièrement riche en publications sur le maréchal Montgomery, avec deux biographies qui comblent un vide curieux et béant puisqu’il n’en existait pas en français. Le duo Cédric Mas/Daniel Feldmann, également auteur d’un Rommel, a publié un court ouvrage de quelque 200 pages plus spécifiquement consacré à l’art de la guerre et du commandement chez Monty, que nous n’avons pas (encore) lu mais dont nous vous parlerons peut-être dans un prochain article. De son côté, Antoine Capet nous gratifie d'une biographie plus généraliste, richement illustrée de très intéressantes images – notamment des timbres – et d’excellentes cartes, dans un format et une mise en page particuliers qui rappellent un peu certains manuels de notre adolescence, mais que nous avons beaucoup appréciés.

L’ouvrage de Capet fait particulièrement ressortir la personnalité et le caractère de Montgomery. Enfant et adolescent indisciplinés, esprit volontaire et combattif forgé dans un milieu familial marqué par la tyrannie de sa mère et par la vie au grand air en Tasmanie, le jeune Bernard commence des études au collège St Paul dans la filière militaire, ce qui surprend ses parents parce qu’il n’a jamais montré un intérêt particulier pour l’armée, qu’il est de petite taille (1,70 m, 63 kg), que ses aptitudes scolaires sont moyennes et qu’il ne sait pas monter à cheval. A St Paul, puis à Sandhurst, il se montre peu brillant intellectuellement mais se révèle un excellent élément dans les sports collectifs, ainsi qu’un remarquable meneur d’hommes, ce qui correspond aux qualités que l’on cherche à développer dans ces écoles où le leadership and character joue un rôle déterminant dans la formation des futures élites de l’Empire.

Dès sa première affectation aux Indes, Montgomery se démarque de ses camarades officiers. Il ne partage pas leur goût pour les parades et les uniformes, les soirées mondaines, les alcools… En revanche, il se passionne pour son métier, passion qui se renforce au cours de la Première Guerre mondiale – à la fin de cette dernière, il décide de "posséder tous les détails (de sa profession) et de laisser de côté tout le reste" – et qu’il gardera tout au long de sa carrière.

Sa maîtrise professionnelle et son caractère le conduisent à adopter une attitude hautaine, voire orgueilleuse, et à se montrer fort critique, et souvent de manière peu diplomatique – un autre trait de son caractère – envers les autres officiers, notamment ses supérieurs. Ainsi, dès les années 1920, et à plusieurs reprises ultérieurement, il préconise de couper les "branches mortes" de l’armée britannique, c’est-à-dire de se séparer des cadres supérieurs qui ne sont pas à la hauteur. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il choisit avec minutie les membres de ses états-majors successifs et ses principaux subordonnés. Les querelles avec ses pairs sont régulières, notamment avec Auchinleck, Tedder, Alexander, Bradley et, surtout, avec son grand rival pour le commandement en chef des forces terrestres en Europe, le général Eisenhower, dont il dit dès 1943: "Je peux affirmer avec certitude qu’il n’y connaît absolument rien sur la façon de faire la guerre et de mener bataille. Il faut le tenir à l’écart de toutes ces opérations si nous voulons gagner la guerre."

Dans sa vie quotidienne, Montgomery vit de manière très spartiate. Il se couche tôt et dort d’un profond sommeil, même au moment des batailles les plus décisives. Il se nourrit frugalement et ne boit que de l’eau. A peine s’autorise-t-il un verre de porto à Noël 1942 au moment où les Allemands sont en train de perdre la campagne d’Afrique du Nord ou un peu de champagne le 4 mai 1945 lorsqu’ils acceptent de capituler… Ce régime particulièrement sobre fait écrire à Churchill, dont on connaît l’humour et le goût pour les bons repas, le champagne et le whisky: "Je compatis avec le général von Thoma (dernier commandant de l’Afrika Korps capturé à El-Alamein et invité, comme il se doit en ce genre de circonstances, à la table de son vainqueur): battu, humilié, fait prisonnier et… forcé de dîner avec Montgomery!"

La biographie de Capet met également en évidence la doctrine militaire de Montgomery basée sur une complémentarité des facteurs matériels et moraux. En ce qui concerne ces derniers, Monty insiste sur l’exemple du chef, son aura, ses compétences, la confiance qu’il fait naître chez ses hommes, la capacité à les rallier à un but commun. Pour les facteurs matériels, il insiste sur la préparation et la planification détaillée des opérations, l’accumulation des moyens et, surtout, la concentration des forces. Cette conception ne laisse en fin de compte que peu de place au génie, mais elle s’avère efficace partout où elle est appliquée, à El-Alamein, à Tunis, en Normandie.

Une très belle biographie dont nous recommandons vivement la lecture!

(© blogdefense.overblog.com)

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Hitler face à Staline

Publié le par Dimitry Queloz

RICHARDOT, Philippe, Hitler face à Staline. Le front de l’Est 1941-1945, Paris, Belin, 2013, 384 pages

L’année 2013 a vu paraître nombre d’ouvrages sur la guerre entre l’Allemagne et l’Union soviétique parmi lesquels nous mentionnerons plus spécialement la biographie de Joukov publiée par Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri, ainsi que la grande synthèse (797 pages) de Nicolas Bernard, La guerre germano-soviétique, 1941-1945. De son côté, Philippe Richardot, entre autres administrateur de la Commission Française d’Histoire Militaire et membre du comité scientifique du Centre d’Histoire et de Prospective Militaires, nous livre, avec son Hitler face à Staline, un ouvrage fort intéressant bien que de taille plus modeste.

L’auteur traite plus particulièrement des opérations militaires du front de l’Est. Il adopte une démarche chronologique pour présenter, en 35 chapitres, une belle synthèse de ce théâtre d’opérations fondamental de la Deuxième Guerre mondiale. En effet, l’armée allemande a subi 80% de ses pertes sur ce front et l’Armée rouge a donc joué un rôle primordial dans la destruction de la puissance nazie.

Le sujet, qui peut paraître aride au premier abord, est toutefois traité de manière vivante. Bien écrit, le texte comprend de nombreuses anecdotes et des extraits de mémoires des principaux protagonistes qui en rendent la lecture plaisante. Il donne également nombre d’informations sur la vie quotidienne des troupes – notamment à propos des terribles conditions climatiques rencontrées en automne, saison de la raspoutitsa, et en hiver, avec ses températures extrêmes – et sur les différents matériels et armements employés par les deux belligérants. Enfin, les batailles sont décrites dans un langage très imagé et coloré qui donne une vision spectaculaire de la puissance des armements et de la dureté des combats.

Philippe Richardot ne se limite cependant pas aux seuls aspects militaires. Il les replace de manière synthétique dans les différentes phases de la guerre, tout en abordant également les dimensions politiques, économiques et idéologiques du conflit. Notons encore que les 35 chapitres, relativement courts, commencent généralement par une brève introduction qui permet de saisir les principaux enjeux.

Cette synthèse, qui intègre nombre de travaux récents, constitue une très bonne première approche du conflit germano-soviétique. Nous la recommandons donc tout particulièrement aux étudiants des universités, ainsi qu’aux enseignants du secondaire II qui voudraient traiter des aspects militaires du front de l’Est dans leurs cours.

(© blogdefense.overblog.com)

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