Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #fiches de lecture tag

Fritz Gertsch, enfant terrible du corps des instructeurs

Publié le par Dimitry Queloz

RIEDER, David, Fritz Gertsch. Enfant terrible des schweizerischen Offizierskorps, Zurich, Orell Füssli, 2009, 480 pages

Né en 1862, Fritz Gertsch devient chapelier, comme son père. Officier d’infanterie, il entre dans le corps des instructeurs en 1886. Sa personnalité et ses idées en font l’enfant terrible de ce corps et finissent par mettre un terme à une carrière militaire particulièrement mouvementée. Dès 1902, cette dernière est déjà compromise en raison des problèmes rencontrés dans le cadre de son commandement de l’Ecole de recrues d’infanterie III/1. En 1910, Gertsch est relevé du commandement de la 6e Brigade d’infanterie et, l’année suivante, il doit abandonner son métier d’instructeur. Après un "retour en grâce" en 1917, année où il est nommé à la tête de la 3e Division, il doit renoncer à son commandement deux ans plus tard. Il meurt en 1938, isolé et totalement démuni.

Ecrivain et polémiste, Gertsch est l’acteur principal, mais anonyme, de l’affaire de l’hydre en 1903-1905. Celle-ci représente l’ultime épisode de l’opposition entre deux conceptions de l’armée apparues au sein du corps des officiers à la fin des années 1880 et voulant chacune améliorer à sa manière l’organisation militaire et l’instruction des troupes. D’un côté, les partisans de la "voie nationale" désirent une centralisation complète de l’armée. Leur conception républicaine-démocratique est basée sur le principe du citoyen-soldat, l’intégration de la landwehr et le refus d’un style de conduite prussien. Les membres de ce courant sont principalement issus de l’administration militaire et entretiennent des liens étroits avec le parti radical argovien. De l’autre côté, les adeptes de la "nouvelle voie" se regroupent autour du futur général Wille. Dans leurs rangs se trouvent principalement de jeunes instructeurs et quelques commandants des grandes unités. Ils désirent avant tout améliorer l’instruction (allongement de la durée des écoles de recrues et cours de répétition annuels) et l’organisation des troupes (armée de campagne exclusivement composée des troupes de l’élite).

Cette opposition idéologique se double d’un conflit entre personnes. D’une part, Wille n’attire pas que des sympathies, même parmi ceux qui partagent ses idées. D’autre part, Gertsch lance sa campagne de critiques également dans le but de détourner l’attention sur ses propres ennuis et mettre en difficulté le chef d’arme de l’infanterie, le divisionnaire Hungerbühler, qui a ordonné des enquêtes contre lui.

L’affaire commence avec la publication d’un article anonyme dans le Züricher Post qui attaque violemment plusieurs chefs de service du Département militaire fédéral, en les accusant de corruption et en qualifiant l’administration militaire d’"hydre bureaucratique" - l'expression donne son nom à l’affaire. En raison des succès obtenus, Gertsch et son acolyte Richard poursuivent leurs attaques et visent l’Etat-major général et son chef, le divisionnaire Keller, que Gertsch déteste, notamment en raison des mauvaises appréciations reçues pendant son passage dans le corps des officiers EMG.

A la fin de l’affaire, l’administration militaire fédérale est décapitée et le chef de l’Etat-major général a démissionné. Les partisans de la "nouvelle voie" peuvent occuper les principaux postes du Département militaire et réformer l’armée en fonction de leurs conceptions propres. Leur victoire n’est cependant pas totale : la loi sur l’organisation militaire de 1907 est un compromis qui ne reprend que partiellement leurs idées.

La thèse dont est issu cet ouvrage a reçu le prix 2009 de l’Association Suisse d’Histoire et de Sciences Militaires (ASHSM).

(© blogdefense.overblog.com)

(© blogdefense.overblog.com)

Voir les commentaires

Ferdinand Lecomte et la guerre de Sécession

Publié le par Dimitry Queloz

AUBERSON, David, Ferdinand Lecomte, 1826-1899. Un Vaudois témoin de la guerre de Sécession, Lausanne, Bibliothèque historique vaudoise, 2012, 230 pages

Personnalité étonnante du canton de Vaud de la deuxième moitié du XIXe siècle, Ferdinand Lecomte joue un rôle important dans de nombreux domaines de la vie publique de l’époque, à tel point que David Auberson le qualifie d’« homme orchestre ». Engagé politiquement dans le parti radical, Lecomte est un proche des deux conseillers fédéraux Henri Druey et Louis Ruchonnet. Journaliste, fondateur (1856) et rédacteur (1856-1895) de la Revue militaire suisse, historien militaire internationalement reconnu, il publie de très nombreux écrits sur les conflits contemporains et devient le premier biographe du général Antoine-Henri Jomini, avec lequel il entretient une correspondance régulière et à qui il voue une admiration particulière en dépit de convictions politiques diamétralement opposées. Sa passion pour le métier des armes conduit en outre Lecomte jusqu’au grade de colonel-divisionnaire et commandant de la 2e Division (1875-1891). Enfin, il occupe le poste de bibliothécaire cantonal pendant quinze ans, avant de devenir chancelier de l’Etat de Vaud.

En dépit de sa notoriété, Lecomte tombe vite dans l’oubli après sa mort, sauf aux Etats-Unis, principalement en raison de ses écrits sur Jomini dont la pensée influence largement les militaires américains. En Suisse, en dehors de quelques rares publications, il faut attendre les années 2000 pour que Lecomte soit l’objet d’une série d’études, avec notamment un colloque organisé par le Centre d’Histoire et de Prospective Militaires (CHPM) et le présent ouvrage.

L'auteur s’intéresse à un épisode particulier de la vie de Lecomte, les deux voyages qu’il a faits outre-Atlantique en 1862 et 1865 pour suivre la guerre de Sécession. Les motivations de Lecomte sont diverses. Il y a tout d’abord, bien sûr, les aspects militaires. Le Vaudois étudie l’histoire des guerres et suit l’actualité militaire de son époque. De plus, il cherche absolument à connaître l’expérience du feu – il s’agit d’une véritable obsession chez lui. Enfin, Lecomte partage les idéaux politiques des Nordistes, à une époque marquée par l’excellence des relations politiques et économiques entre la Suisse et les Etats-Unis. Comme de nombreux Suisses radicaux et protestants, il se reconnaît dans le régime républicain, dans la cause de l’Union – le parallèle avec la guerre du Sonderbund est rapidement établi - et l’abolition de l’esclavage. Aussi, Lecomte n’est pas le seul Suisse à s’intéresser à la guerre de Sécession. Environ 6'000 d’entre eux s’engagent dans les armées nordistes, le plus célèbre étant le futur conseiller fédéral Emil Frey.

Les deux voyages de Lecomte sont très différents. Le premier, au sein de l’état-major de MacClellan, est marqué par les difficultés matérielles de la vie en campagne, adoucie par la fréquentation de la table du comte de Paris et du duc de Chartre, et se déroule au début de la guerre, alors que les armées sont encore largement inexpérimentées. Durand le second, Lecomte est attaché à l’état-major de Grant où sa situation matérielle est infiniment meilleure. De plus, les armées ont considérablement changé après quatre longues années de guerre très dure.

Quels enseignements Lecomte tire-t-il de ses séjours américains? Ses différents écrits montrent qu’il a été marqué par la nécessité d’équiper les soldats pour la vie en campagne (matériel de pionnier, équipement contre les intempéries et nourriture) et, surtout, frappé par le développement technique des armements et des moyens de communication (télégraphe et chemin de fer). A l’instar de beaucoup de ses contemporains, il n’a cependant pas entrevu les transformations radicales de la guerre qui allaient découler du développement industriel. Sa perception a notamment été faussée par l’influence de la pensée de Jomini pour qui les principes de la stratégie sont immuables.

 

(© blogdefense.overblog.com)

(© blogdefense.overblog.com)

Voir les commentaires

Julian Corbett

Publié le par Dimitry Queloz

HENROTIN, Joseph, Julian Corbett. Renouveler la stratégie maritime, Paris, Argos Editions, 2013, 146 pages

Joseph Henrotin, spécialiste des questions navales (Les fondements de la stratégie navale au XXIe siècle, Paris, Economica, 2011, 496 pages), inaugure la nouvelle collection "Maîtres de la stratégie" des éditions Argos avec ce livre synthétique consacré au Britannique Julian Stafford Corbett, dont les Principes de stratégie maritime, publiés en 1911, constituent un des ouvrages théoriques fondamentaux de la pensée militaire du XXe siècle.

Né en 1854, Julian Corbett est issu d'une famille aisée. Après de nombreux voyages et, accessoirement, des études d'avocat, il écrit des romans qui se vendent mal. Il se consacre à l'histoire et aux questions militaires à la suite du succès de deux petites biographies sur George Monk (1889) et Francis Drake (1890). Ses ouvrages portent notamment sur la marine anglaise des XVIe et XVIIe siècles, puis sur la bataille de Trafalgar. Il rédige également une histoire de la guerre navale russo-japonaise qui n'est pas publiée pour des raisons de maintien du secret militaire et est chargé par l'Amirauté, au début de la Première Guerre mondiale, d'écrire l'histoire navale officielle de la guerre .

La notoriété conduit Corbett à donner, dès 1902, des conférences sur la stratégie maritime au War Course College (futur Royal Naval War College). Proche de l'amiral Fisher, qui réforme la Royal Navy entre 1904 et 1910 en lui faisant adopter les Dreadnought et les croiseurs légers, Corbett devient l'un des premiers "analystes civils de défense". Dans ce cadre, il participe aux études consacrées à l'analyse du développement de la puissance allemande.

Au cours de la guerre, grâce à sa position institutionnelle, Corbett continue à exercer une certaine influence sur les décisions de l'Amirauté. Il rédige notamment la première instruction adressée à l'amiral Jellicoe, commandant de la Grand Fleet. Après la bataille du Jutland, Corbett se retrouve pris dans la controverse qui oppose les amiraux Jellicoe et Beatty et leurs partisans respectifs. D'une part, sa tâche d'historien officiel du conflit se complique. D'autre part, il est accusé d'avoir influencé Jellicoe. Lorsque ce dernier est remplacé par Beatty à l'Amirauté, sa situation devient de plus en plus délicate. Fatigué par le travail et usé par les critiques, il meurt en 1922, avant d'avoir pu achever la publication du troisième tome de l'historique naval de la guerre dont il avait la charge.

Corbett transpose au domaine maritime les conceptions stratégiques de Clausewitz, qu'il a lu avec beaucoup d'attention. Sa réflexion théorique se focalise notamment sur le contrôle des lignes de communication, la maîtrise de la mer et la "flotte en vie". Ses conceptions sur la guerre limitée ont été vivement critiquées - à tort - par les adeptes d'une approche mahanienne de la stratégie navale. Il a été accusé d'avoir donné une fausse idée de la guerre navale dans laquelle la bataille décisive n'aurait plus court, ce qui aurait conduit le commandement de la Royal Navy à une trop grande prudence au cours de la Première Guerre mondiale.

Les écrits de Corbett méritent d'être lus, surtout à une époque où les océans jouent un rôle majeur, que ce soit pour le commerce - plus de 90% des marchandises sont transportées par mer - ou pour leurs ressources naturelles. De plus, les conceptions théoriques du penseur britannique sont transposables dans d'autres domaines stratégiques; elles ont notamment été appliquées dans la stratégie spatiale.

 

(© blogdefense.overblog.com)

(© blogdefense.overblog.com)

Voir les commentaires

Bréviaire tactique

Publié le par Dimitry Queloz

FRICK, Hans, Bréviaire tactique, Nancy, Le Polémarque, 2011, 130 pages

Officier de carrière de l’armée suisse, le colonel-divisionnaire Hans Frick (1888-1975) a été instructeur d’infanterie jusqu’en 1929, chef de la section instruction à l’EMG (1930-1938), sous-chef d’état-major front de l’EMG (1938-1939), commandant de la 7e division (1941-1944) et chef de l’instruction de l’armée (1945-1953). Auteur d’écrits nombreux et variés, notamment le règlement de service de 1933 et le règlement sur la conduite des troupes de 1951, Frick n’a publié qu’un seul livre, le Bréviaire tactique. Cet ouvrage est paru en allemand en 1943 avant d’être traduit en français l’année suivante par le major Ed. Bauer, professeur à l’université de Neuchâtel et historien militaire. Il connaîtra également une traduction en espagnol, tandis qu’un projet en anglais ne sera finalement pas mené à terme.

La présente édition comprend le texte en français et la préface de 1944, un avant-propos de Pierre Streit, directeur scientifique du Centre d’Histoire et de Prospective Militaires (CHPM) de Pully, une préface de Jean-Jacques Langendorf, écrivain et historien bien-connu de la pensée militaire, et des commentaires d’Alain Baeriswyl, officier instructeur d’infanterie et spécialiste des méthodes d’instruction au tir, et de François Villard, expert en sécurité aérienne et directeur de la société Air Safety Security Services.

Le Bréviaire tactique est un ouvrage court - moins d’une centaine de pages - articulé en treize chapitres. Cette concision découle des circonstances – Frick écrit pendant la guerre – de la personnalité et des qualités de rédacteur de l’auteur – il a toujours écrit des ordres brefs et clairs - et de la volonté d’exclure tout ce qui a trait aux procédés et aux circonstances particulières de l’époque. Le texte, qui n’est pas un manuel de tactique, "se contentera donc de poser les principes tactiques qui conservent un caractère permanent et qui, tout compte fait, demeurent valables en vue du combat, quel qu’il soit". Soulignons encore les talents pédagogiques de Frick. La concision et le style lapidaire du texte en rendent la lecture rapide et facile. Les phrases courtes, sonnant souvent comme des aphorismes ("Il n’existe ni ne saurait jamais exister de fortifications imprenables."), marquent fortement le lecteur.

Frick s’inspire de ses expériences personnelles, commandements de troupes et enseignements dans diverses écoles, et puise dans l’histoire. Sa référence principale est Clausewitz, qu’il cite d’entrée de jeu ("La guerre, selon Clausewitz, n’est que la continuation de la politique, à l’aide d’autres moyens."). Frick insiste en effet sur l’importance de l’homme ("L’homme constitue et demeurera toujours le moyen de combat par excellence.") et de son caractère, sur les aspects moraux de la guerre ("Les lois de la guerre sont simples. Mais, dans la réalité du combat, il arrive souvent qu’elles se contredisent. Une âme faible succombe au milieu de l’accumulation de leurs exigences contradictoires, et seul un caractère d’airain, uni à une pensée claire et ferme, se trouve capable de discerner à laquelle il convient de donner la préférence dans chaque situation, ou encore jusqu’à quel point il convient d’établir un compromis entre elles."), sur la destruction de l’adversaire ("Le but du combat, c’est la victoire, c’est la destruction de l’ennemi."). Comme le souligne Jean-Jacques Langendorf, Jomini est cependant aussi présent, par la simplicité et la clarté des idées, l’insistance sur les aspects immuables des principes de la stratégie et le rôle des combinaisons.

Le Bréviaire tactique constitue un ouvrage important dans l’histoire de la pensée militaire suisse, par sa clarté, sa concision et la qualité de son contenu tout d’abord; par le fait aussi que les publications militaires helvétiques sont relativement rares dans ce domaine; enfin parce qu'il est traduit dans une deuxième langue nationale, ce qui le rend accessible à une majorité. Certains pourraient toutefois lui reprocher de trop négliger les armes modernes, chars et aviation, et de s’en tenir presque exclusivement à la guerre classique.

 

(© blogdefense.overblog.com)

(© blogdefense.overblog.com)

Voir les commentaires

Carnage et culture

Publié le par Dimitry Queloz

HANSON, Victor Davis, Carnage & culture. Les grandes batailles qui ont fait l'Occident, Paris, Flammarion, 2002, 600 pages

Dans ses ouvrages d'histoire militaire, Victor Davis Hanson veut expliquer la supériorité militaire de l'Occident. Il écarte les aspects techniques, stratégiques, tactiques et géopolitiques pour développer une thèse basée sur des raisons culturelles. Celle-ci a soulevé un débat parmi les historiens militaires et certains d'entre eux, notamment John Lynn (De la guerre. Une histoire du combat des origines à nos jours, Paris, Tallandier, 2007, 603 pages), contestent l'explication donnée par Hanson.

L'auteur définit un modèle spécifique de guerre occidentale, né dans la Grèce antique et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours. A la base de ce modèle, se trouvent des valeurs qui constituent des caractéristiques particulières de la culture occidentale: individualisme, démocratie, rationalisme et esprit d’entreprise. Hanson prend l'exemple de neuf batailles décisives - Salamine (- 480), Gaugamèles (- 331), Cannes (- 216), Poitiers (732), Tenochtitlan (1520-1521), Lépante (1571), Rorke’s Drift (1879), Midway (1942), Têt (1968) - pour montrer que ces caractéristiques ont joué le rôle déterminant dans la victoire des armées occidentales au cours des conflits qui les ont opposées aux forces des autres civilisations du monde entier.

Pour l'auteur, les valeurs mentionnées sont spécifiquement occidentales et elles sont à peu près inconnues des autres aires de civilisation. Toutefois, il admet qu'elles n'ont pas toujours été présentes dans leur plein développement tout au long de la période étudiée et qu'elles n'ont pas toujours recouvert la même signification. De plus, il tient également compte du fait que, en raison des échanges entre les peuples, certaines de ces valeurs ont été adoptées ailleurs que dans le monde occidental. Il précise cependant que cette adoption n'a été que partielle, à l’instar de l'exemple japonais de la fin du XIXe siècle.

Le modèle de guerre occidental défini par Hanson se caractérise par le fait que la guerre est envisagée, en général et à l'instar de ce que Clausewitz en a donné comme définition, comme le prolongement de la politique et non pas comme un rite religieux, un simple "sport" ou une activité permettant de s'enrichir et de conquérir des territoires. Par ailleurs, la bataille présente également des caractères particuliers. Tout comme la guerre, elle est menée de manière rationnelle et a pour but la destruction de l'adversaire; elle cherche la décision rapide, au moyen du choc mené le plus souvent par une infanterie composée d'hommes libres, disposant de droits et de devoirs politiques. Les chefs sont puissants, mais pas omnipotents, et peuvent être critiqués et même révoqués.

Dans ce modèle d'explication, l'importance jouée par la supériorité technique de l'armement occidental est relativisée. Avec justesse, Hanson montre que la supériorité technologique n'a, pendant longtemps, été que partielle et qu'elle ne suffit pas à expliquer, à elle seule, la destruction d'armées nombreuses par des forces occidentales en infériorité numérique significative.

La conception culturelle de la guerre occidentale, telle que présentée par l'auteur, se caractérise essentiellement par son côté amoral. Elle n'est pas entravée par des considérations d'ordre religieux ou rituel. A l'instar de la science, autre "apanage" occidental, elle est avant tout régie par le souci d'efficacité. Dès lors, elle se trouve être particulièrement meurtrière et, justement, efficace. Ainsi, s'expliquerait la supériorité militaire de l'Occident, supériorité qui lui a permis de s'imposer victorieusement dans la plupart des conflits l'opposant à des armées issues d'autres aires culturelles et ce, en dépit des revers subis en de rares occasions, comme aux Thermopyles (- 480) ou au Little Big Horn (1876). L'auteur précise toutefois que si cette supériorité de l'efficacité occidentale a souvent constitué un avantage, elle a aussi conduit à des hécatombes lorsque les armées occidentales s'affrontaient entre elles, comme au cours des deux guerres mondiales.

 

(© blogdefense.overblog.com)

(© blogdefense.overblog.com)

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 > >>