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Articles avec #strategie tag

Rapport sur la politique de sécurité 2016 (3)

Publié le par Dimitry Queloz

Dans le contexte des attentats de Paris, intéressons-nous plus particulièrement à l’une des trois menaces principales définies dans le rapport, à savoir le terrorisme djihadiste – les deux autres sont la "relation entre l’ouest et l’est" et les "risques dans le cyberespace". L’analyse de la situation est réaliste et tient compte des nombreux facteurs influençant le phénomène. Il est toutefois regrettable de trouver un certain angélisme en ce qui concerne le lien avec les questions migratoires, preuve que l’on n’est pas encore sorti d’une posture soixante-huitarde idéaliste, comme le montre d’ailleurs d’une manière très concrète la récente décision d’installer un centre d’accueil de migrants dans les infrastructures de la place d’armes de Thoune qui constitue pourtant un site sensible.

 

Une menace qui s’inscrit dans la durée

Le rapport souligne à juste titre que le terrorisme djihadiste représente une menace depuis plusieurs années déjà. Celle-ci s’est par ailleurs récemment renforcée avec l’émergence en 2014 de l’Etat islamique qui a remplacé Al-Qaïda en tant qu’organisation djihadiste phare. Si l’Etat islamique paraît quelque peu sous-estimé – il n’est présenté qu’en tant que groupe terroriste alors qu’il constitue un véritable proto-Etat –, le rapport considère que la menace restera au premier plan durant la prochaine décennie, de nombreux facteurs, notamment l’instabilité et l’insécurité régnant au Maghreb et au Moyen-Orient, contribuant à nourrir le phénomène.

Une menace multiforme qui n’épargne pas la Suisse

Le Conseil fédéral se montre également très réaliste en écrivant que la Suisse constitue une cible pour les djihadistes. D’une part, notre pays fait partie du Monde occidental et, en tant que tel, il appartient au camp ennemi. D’autre part, si la Suisse n’a, jusqu’à présent, pas été une cible privilégiée – aucun attentat n’a encore frappé directement la Suisse –, la situation peut rapidement changer. En effet, les djihadistes ciblent fréquemment leurs victimes en fonction du contexte international et d’événements nationaux particuliers. De ce fait, certaines décisions politiques – pensons aux initiatives en cours actuellement visant à interdire le port du voile intégral – pourraient être perçues comme hostiles à l’islam et notre pays devenir une cible prioritaire des djihadistes.

Quant à la forme de la menace, le rapport en souligne le caractère multiforme. Elle peut aller des atteintes à des intérêts suisses à l’étranger à l’acte terroriste sur le territoire helvétique en passant par la prise en otages de ressortissants dans diverses régions du Monde. Dans ce cadre, l’apparition d’un "terrorisme endogène" – "homegrown" – constitue une nouveauté face à laquelle la Suisse n’a que peu d’expérience selon l’aveu du Conseil fédéral. Si la situation socio-économico-historique en Suisse ne favorise pas autant le développement du djihadisme que dans d’autres Etats européens, des personnes vivant dans notre pays se radicalisent, avec ou sans l’influence directe de groupes terroristes étrangers. Elles peuvent passer à l’acte sur le territoire suisse, partir faire le djihad à l’étranger et revenir en Suisse, représentant ainsi un risque évident, à l’instar des terroristes qui ont frappé la France au cours de ces dernières années. (A suivre)

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Rapport sur la politique de sécurité 2016 (2)

Publié le par Dimitry Queloz

Menaces et dangers

Dans son analyse de la situation actuelle, le Conseil fédéral met en évidence cinq grandes "tendances générales" qui s’inscrivent dans la durée et qui devraient conditionner la situation géopolitique internationale durant les dix prochaines années:

- Passage à un ordre mondial multipolaire;

- Développement de la prospérité et de la technologie;

- Intensification des mouvements migratoires;

- Persistance des crises, des bouleversements et de l’instabilité;

- Nouveau visage des conflits.

Après avoir présenté les "conséquences pour la Suisse", le document se concentre sur la description des menaces et des dangers – le rapport distingue entre "menace" qui "implique une volonté de nuire à la Suisse ou à ses intérêts" et "danger" qui n’implique pas une telle volonté comme c’est le cas, par exemple, avec les dangers naturels ou techniques. Ces menaces et dangers ont évolué depuis le rapport de 2010: "[…] on constate que des événements déterminants se sont produits principalement en lien avec des conflits armés (Ukraine, Yémen, Syrie, Irak), avec le terrorisme (émergence de ce qu’on appelle l’"Etat islamique" et de Boko Haram), avec l’espionnage (affaire de la NSA) et avec des catastrophes d’origine technique (Fukushima). Le changement au niveau de la criminalité, de l’extrémisme violent et du danger lié aux problèmes d’approvisionnement et aux dangers naturels a été moins marqué. Les cyberattaques et la cybercriminalité (perpétrées par des acteurs étatiques et non étatiques) ont également augmenté."

Les menaces et les dangers sont ensuite décrits avec "une attention toute particulière" et le Conseil fédéral a voulu en établir une liste exhaustive:

- Acquisition illégale et manipulation d’information;

- Terrorisme et extrémisme violent;

- Attaque armée;

- Criminalité;

- Difficultés d’approvisionnement;

- Catastrophes et situations d’urgence. (A suivre)

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Rapport sur la politique de sécurité 2016 (1)

Publié le par Dimitry Queloz

Le 11 novembre dernier, soit deux jours avant les attentats de Paris, le Conseil fédéral a présenté son projet de Rapport sur la politique de sécurité 2016. Le document aurait dû être publié il y a une année déjà. La publication a toutefois été retardée du fait de la crise ukrainienne et du développement de l’Etat islamique, deux événements imprévus qui ont obligé à une réévaluation de la situation. Le texte est en cours de consultation et, une fois la procédure achevée au début mars 2016, il sera approuvé par le Conseil fédéral, vraisemblablement au printemps prochain déjà, avant d’être soumis au Parlement.

Le rapport est articulé en trois parties principales. La première présente le contexte géopolitique et sécuritaire actuel, avec une analyse des tendances globales, des menaces et des dangers. La deuxième aborde la stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité qui repose sur trois piliers: autonomie, coopération et engagement. Enfin, la dernière est consacrée à la conduite de la politique de sécurité au niveau de la Confédération et des cantons qui s’exerce notamment dans le cadre du Réseau national de sécurité.

Evolution de la situation internationale et adaptation de la politique de sécurité

Les rapports sur la politique de sécurité du Conseil fédéral "ont pour but d’analyser le contexte [du moment] pour permettre de déterminer si, et dans quelle mesure, il y a lieu d’adapter la politique de sécurité et ses instruments, afin que la Suisse puisse réagir rapidement et adéquatement à l’évolution des menaces et des dangers". Durant la Guerre froide, les rapports ont été peu nombreux. Ainsi, entre 1973 et 1990, le seul rapport intermédiaire de 1979 a été nécessaire. Depuis 1990, le rythme de publication va en s’accélérant. Un premier document est paru en 2000, un second en 2010. Les changements et les évolutions en matière de situation internationale ont conduit à mener une nouvelle analyse quelques années seulement après l’acceptation de ce dernier, ce qui a conduit au rapport 2016.

Le rapport 2016 égrène une liste fort longue de ces changements, qui ne se veut pas exhaustive: "les bouleversements et les conflits survenus en Afrique du Nord et au Proche-Orient, l’intensification des mouvements migratoires qui les accompagnent, l’essor de l’organisation terroriste "Etat islamique" et le renforcement de l’attrait pour le djihad dans les Etats occidentaux, l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie, les combats dans l’est de l’Ukraine et la dégradation rapide des relations entre la Russie et l’Occident, la multiplication des cyberattaques, le pouvoir accru de la propagande à l’ère des caméras omniprésentes, des images traitées numériquement et d’Internet, la collecte massive de données par voie électronique et la catastrophe nucléaire de Fukushima". Le texte insiste cependant sur le fait qu’en dépit de ces nombreux changements, la situation actuelle n’est pas totalement différente de celle de 2010.

Le rapport montre également à quel point la politique de sécurité et ses instruments évoluent et s’adaptent de manière à répondre d’une façon plus appropriée aux changements de la situation internationale. Parmi les plus importants de ses changements législatifs, citons le projet DEVA pour l’armée et celui de loi sur le renseignement. Ces deux projets rencontrent actuellement des oppositions au niveau politique. Le premier est bloqué par le Parlement qui devrait cependant bientôt prendre une décision quant à sa réalisation. En ce qui concerne la loi sur le renseignement, elle est combattue par la voie du référendum. D’autres évolutions, relatives à la pratique, sont également soulignées par le rapport. La collaboration entre la Confédération et les cantons a été améliorée. Par ailleurs, l’OSCE et son rôle de dialogue et de négociation entre l’Est et l’Ouest ont été remis sur le devant de la scène lors de la présidence suisse de 2014. (A suivre)

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Volonté et confiance

Publié le par Dimitry Queloz

Volonté et confiance. Hier comme demain

Une manifestation de plus pour commémorer le 75e anniversaire du Rapport du Rütli, cet événement capital de l’histoire suisse de la Deuxième Guerre mondiale! Après le grand rassemblement organisé par la Société des officiers le 25 juillet sur la mythique prairie et l’ouvrage de Pierre Streit et Suzette Sandoz dont nous vous avons parlé il y a quelques semaines, le château de Morges a réalisé une exposition intitulée Volonté et confiance. Hier comme demain qui est complétée par un bel ouvrage de Jean-Jacques Langendorf, richement illustré et disponible en trois langues, français, allemand et italien.

L’exposition ne se contente pas d’évoquer le Rapport du 25 juillet 1940. Elle s’intéresse largement aux causes et au contexte, en suivant une approche chronologique. Le visiteur commence ainsi son parcours avec une partie consacrée à la Première Guerre mondiale, suivie d’une autre sur les années d’entre-deux-guerres, avant d’arriver à la Seconde Guerre mondiale proprement dite où il pourra notamment s’informer sur la mobilisation en Suisse, la Drôle de guerre, l’offensive allemande à l’Ouest…De petits textes bilingues, en français et en allemand, présentent de manière assez succincte – parfois trop – les différents thèmes.

Objets ayant appartenu au général Guisan. (© Château de Morges)

Objets ayant appartenu au général Guisan. (© Château de Morges)

Les objets et les documents de l’exposition sont variés et beaucoup sont d’un intérêt particulier. Ils éveillent la curiosité, comme cette chope à bière de la Bürgerbräukeller de Munich datant des années 1920, ou font naître l’émotion comme les nombreux objets ayant appartenu au général Guisan, parmi lesquels les plaques et le fanion fédéral de sa voiture, son livret de service, deux de ses armes de poing – un Parabellum modèle 1900 et un Browning modèle 1906. Les documents écrits sont de la même veine. Plusieurs proviennent des Archives fédérales, comme l’ordre d’armée distribué aux participants au Rapport et destiné à être lu à leurs subordonnés. La presse, qui occupe une place importante, permet de montrer toute la complexité de la période. Ainsi de cet article d’Antoine de Saint-Exupéry paru dans Paris-soir au lendemain des Accords de Munich montrant l’oscillation des sentiments par rapport à la situation internationale et dans lequel on peut lire: "Quand la paix nous semblait menacée, nous découvrions la honte de la guerre. Quand la guerre nous semblait épargnée, nous ressentions la honte de la Paix". Ou de cette une de Paris-Match du 21 mars 1940 consacrée à Joseph Darnand, héros de la Drôle de guerre pour ses coups-de-main dans les lignes allemandes et futur chef de la Milice… Notons encore la forte présence de livres, ce qui n’est pas fait pour nous déplaire.

L’exposition comprend plusieurs fils rouges, le principal étant bien sûr celui retraçant la carrière et le rôle du général Guisan. L’extrême droite apparaît également à diverses reprises. On la trouve dans la partie consacrée aux années 1930, avec l’un de ses emblèmes romands, le Genevois Georges Oltramare, fondateur du Pilori et membre de l’Union nationale. Elle réapparaît ultérieurement, au moment de la défaite française, avec les propositions d’alignement sur l’ordre nouveau, notamment celle du Conseiller national vaudois Charles Gorgerat. On la retrouve enfin dans la dernière partie de l’exposition, avec la brève évocation de la polémique entourant le contenu du discours du Général du 25 juillet 1940 – un article du milieu des années 1980, basé sur les documents ayant servi à préparer le discours tenu au Rütli affirme que Guisan était alors favorable à l’instauration d’un régime politique plus autoritaire.

Le système militaire de milice, typiquement helvétique, est une autre thématique récurrente de l’exposition. Une scène de la vie familiale l’évoque en montrant un soldat debout dans son appartement, près de sa femme assise en train de coudre et de son enfant, habillé en marin, jouant avec des petits soldats suisses en plastic. Il est aussi évoqué via un regard extérieur, par le journal Paris-Match du 30 novembre 1939 qui publie un reportage sur la Suisse, son Général et son système politique.

Les combats aériens de mai-juin 1940. (© Château de Morges)

Les combats aériens de mai-juin 1940. (© Château de Morges)

Le Rapport du Rütli, cœur de l’exposition, est présenté sous ses divers aspects qui permettent d’en saisir toute l’importance. La menace allemande est montrée au travers des combats aériens germano-suisses de mai-juin 1940 et des plans d’invasion allemands de juin-juillet de la même année. La nouvelle stratégie du réduit, destinée à répondre à la nouvelle situation politico-militaire au lendemain de la défaite française, fait l’objet d’une présentation intéressante qui met en évidence ses origines, qui remontent au XIXe siècle – l’exposition présente les conceptions développées en matière de fortification nationale à cette époque par Hans Konrad Finsler, Guillaume-Henri Dufour et Emil Rothpletz –, et l’évolution de sa conception entre 1940 et 1941 – passage du "réduit-repli" au "réduit-d’emblée". L’évocation du rapport lui-même se fait par le biais d’une maquette du vapeur Stadt-Luzern III qui a transporté les officiers depuis Lucerne jusqu’au Rütli, de photos, de témoignage sur la journée du 25 juillet et le discours de Guisan… Point d’orgue de l’exposition et élément fondamental à en retenir, le texte d’introduction qui conclut à propos de ce dernier: "Le Rapport va exercer un effet positif vivifiant sur les officiers et la troupe car, désormais, la consigne est claire: résister sur de fortes positions. Ainsi, il marque un important tournant."

Belle et intéressante exposition, à voir jusqu’au 29 novembre prochain au château de Morges.

(© Château de Morges)

(© Château de Morges)

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Rütli. Une voie pour l'avenir

Publié le par Dimitry Queloz

STREIT, Pierre, SANDOZ, Suzette, Rütli. Une voie pour l’avenir, 1940-2015, Bière, Cabédita, 2015, 120 pages

Cet ouvrage, qui n’est pas à proprement parler un livre d’histoire, met en perspective un des événements fondamentaux de l’histoire de la Suisse de la Deuxième Guerre mondiale dont nous commémorons le 75e anniversaire cette année: le célèbre rapport du 25 juillet 1940 tenu au Rütli. Au lendemain de la défaite française, qui a causé un choc profond tant en France qu’en Suisse, le général Guisan a réuni l’ensemble des commandants de l’armée suisse à partir du grade de major, soit quelque 500 à 600 officiers – le nombre est incertain –, pour leur transmettre son message sur la conduite à tenir dans le cadre de la nouvelle situation internationale et de la stratégie du Réduit adoptée quelques semaines plus tôt.

Dans la première partie qui comprend une demi-douzaine de chapitres, Mme Suzette Sandoz, professeur honoraire de l’université de Lausanne et ancienne Conseillère nationale, livre une très intéressante réflexion sur la politique, l’histoire et le rôle des chefs. Pour Mme Sandoz, le lien entre histoire et politique est très fort dans le sens où, d’une part, la politique s’enracine dans l’histoire. L’"art de gouverner les hommes" – définition de la politique selon l’auteur – s’exerce toujours dans une certaine tradition historique et un cadre géographique spécifiques dont on ne peut faire fi. D’autre part, l’histoire (non déconstruite) représente le "terreau de l’avenir", car elle "permet de mesurer la responsabilité humaine, qui donne la dimension de l’homme. Elle fournit à ceux qui l’ont apprise la liberté d’en tirer ensuite des conclusions [Par conséquent, elle] enseigne le goût de l’avenir". Ce qui nous ramène à la politique. Dans ce domaine, le chef, chargé du destin de la communauté, joue un rôle fondamental. L’exemple du général Guisan, qui en a été un vrai, permet de mettre en exergue les qualités nécessaires au chef: il doit inspirer confiance à ses subordonnés, être lucide face au danger, transmettre un "message d’avenir et d’espoir". Le rapport du Rütli s’inscrit tout naturellement dans cette dernière problématique et son étude représente, par conséquent, non seulement un intérêt historique, mais aussi une "promesse d’avenir" pour les générations futures à une époque (presque) aussi troublée que les années 1940.

Dans la seconde partie, Pierre Streit, auteur de plusieurs livres d’histoire militaire dont certains ont été présentés précédemment sur blogdéfense (voir notamment celui sur la bataille de Morat), étudie le rapport lui-même en le replaçant dans le contexte de l’été 1940. Le discours de Guisan est mis en perspective et comparé avec deux autres grands discours de la période: celui du 18 juin du général de Gaulle et celui du 25 juin de Marcel Pilet-Golaz. Le premier présente diverses similitudes avec celui de Guisan: incertitude quant au détail des paroles prononcées, détermination face à la situation, esprit de résistance, compréhension de la nature de la guerre qui est envisagée en tant que lutte à l’échelle mondiale, suprématie de la guerre mécanisée… Dans ce dernier domaine, Guisan adopte cependant une position différente de celle de de Gaulle. Alors que celui-ci envisage la victoire grâce à la possibilité de constituer une force mécanisée supérieure à celle de l’Allemagne, Guisan développe son analyse en fonction de l’état de l’armée suisse et du récent choix stratégique du Réduit. La défaite française ne représente pas la "faillite du système défensif de la ligne Maginot" et, par conséquent, celle des fortifications en général, car l’armée allemande l’a contourné. En Suisse, la situation serait en outre différente du fait du relief qui favorise nettement le défenseur et le protège contre la puissance des chars et de l’aviation. Guisan souligne également une autre différence: la faiblesse morale de l’armée française de 1940.

La comparaison entre les discours de Pilet-Golaz et de Guisan s’avère plus délicate à faire. Le premier est l’objet d’un vaste débat en raison de son ambiguïté, qui a par ailleurs été renforcée du fait de sa traduction en allemand – celle-ci a été réalisée par le Conseiller fédéral Philippe Etter, "partisan d’un pouvoir fort", qui a notamment employé le terme très connoté de "Führer" pour traduire "guide". Pour l’auteur, on ne saurait opposer totalement les deux discours. Pilet-Golaz et Guisan partageaient nombre de convictions politiques. De plus, on trouve une idée maîtresse dans les deux discours: durer.

Mentionnons encore quelques annexes intéressantes: le texte de l’appel du général de Gaulle du 18 juin, le discours de Pilet-Golaz du 25 juin 1940, quelques témoignages sur le rapport du Rütli (notamment ceux de Bernard Barbey, chef de l’état-major particulier de Guisan, de Roger Masson, chef du service de renseignement de l’armée et rédacteur en chef de la Revue militaire suisse, de Robert Frick, attaché à l’état-major particulier de Guisan), quelques jugements d’historiens sur le rapport du Rütli.

Nous profitons de ce dernier article avant la pause estivale pour vous remercier, Amis Lecteurs, pour votre fidélité et vos encouragements qui nous font toujours très plaisir. Nous vous souhaitons un très bel été et d’agréables vacances. Au plaisir de vous retrouver à la fin du mois d’août!

(© blogdéfense)

(© blogdéfense)

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