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Articles avec #strategie tag

Débat sur la mutualisation des capacités militaires en Europe

Publié le par Dimitry Queloz

"Mutualisation des capacités militaires en Europe: risque ou opportunité pour les forces armée?"

MEAD Education, le Centre d’Histoire et de Prospective Militaires (CHPM) et le Centre de Politique de Sécurité de Genève se sont associés pour organiser le 30 avril prochain un débat public sur un thème d’actualité, la mutualisation des capacités militaires en Europe.

En raison des réductions budgétaires drastiques que connaissent les pays occidentaux, la mutualisation des moyens militaires est un thème à la mode depuis quelques années. Les initiatives visant à partager les capacités sont nombreuses en Europe et iront en s’intensifiant. Ainsi, par exemple, l’OTAN a adopté au sommet de Chicago en 2012 son concept de "smart defense" qui connaît un remarquable développement avec plus d’une trentaine de projets.

Dans ce contexte, saluons l’organisation de ce débat au cours duquel deux intervenants présenteront leurs points de vue. Le premier sera le Général de Division Maurice de Langlois, de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (Paris) qui traitera des intérêts et des difficultés de la mutualisation et du partage des capacités. De son côté, le colonel breveté d’Etat-major Bruno Smet, du Centre de Politique de Sécurité de Genève, présentera un cas d’étude, celui de la Belgique. Le débat sera modéré par le Colonel EMG William Gargiullo, également du Centre de Politique de Sécurité de Genève.

En principe, nous assisterons au débat et vous en livrerons un compte-rendu dans le courant du mois de mai.

Le débat aura lieu le mercredi 30 avril 2014 au Centre Général Guisan à Pully. Inscriptions et informations supplémentaires sur le site MEAD Education.

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La pensée militaire suisse

Publié le par Dimitry Queloz

La pensée militaire suisse de 1800 à nos jours. Actes du symposium 2012, Pully, Centre d’Histoire et de Prospective Militaires (CHPM), 2013, 192 pages

Cet ouvrage regroupe les contributions présentées lors du symposium organisé conjointement par le Centre d’Histoire et de Prospective Militaires (CHPM) et l’Association d’Histoire et de Sciences Militaires (ASHSM) les 24 et 25 février 2012. Il comprend également deux hommages – l’un de Jean-Jacques Langendorf et l’autre d’Hervé de Weck – à Hervé Coutau-Bégarie, malheureusement décédé quelques jours avant la manifestation, à qui les Actes sont dédiés.

Comme l’écrit Pierre Streit, directeur scientifique du CHPM, dans son introduction, "Oui, une pensée militaire suisse existe!", même si cela peut étonner pour un petit Etat neutre. Cette pensée militaire est d’ailleurs plutôt riche et ne se limite pas aux seules réflexions centrées sur la Suisse. Divers penseurs ont en effet eu ou ont encore une aura internationale, comme le célèbre théoricien du droit des gens Emer de Vattel, l’illustre Jomini qui a beaucoup influencé les conceptions américaines de la guerre, ou le colonel Ferdinand Lecomte, largement oublié après sa mort, mais redécouvert récemment. Par ailleurs, les travaux sur la pensée militaire suisse sont relativement nombreux – signalons notamment la collection des Ecrivains militaires romands publiés il y a quelques années par Semper Fidelis et les 11 volumes sur L’Etat-major général suisse/Der Schweizerische Generalstab –, même s’il reste encore beaucoup à faire, particulièrement dans le domaine de la synthèse.

La pensée militaire suisse est relativement complexe et présente diverses particularités: influence du milieu géographique – la montagne –, du cadre géopolitique – la Suisse a été durant plusieurs siècles une confédération, avec des armées cantonales –, de la pratique de la neutralité, du fédéralisme, du plurilinguisme et de la démocratie directe, de la conception des rapports entre la société et l’armée – l’armée suisse est essentiellement une armée de milice composée de citoyens-soldats –, du service militaire étranger… De plus, elle a souvent été peu formalisée et théorisée. C’est fréquemment davantage dans l’étude des plans, des analyses, des ordres et des règlements que l’on peut comprendre la pensée de tel ou tel militaire.

L’ouvrage comprend trois parties. La première est consacrée au XIXe siècle, "âge d’or de la pensée militaire suisse". Parmi les plus intéressantes communications – nous ne pouvons malheureusement pas parler de toutes les présentations et nous devons choisir –, mentionnons celle de Jean-Jacques Langendorf sur les écrits de trois personnages fort différents tant en termes de pensée militaire, que de caractère et de carrière, Johannes Wieland, Jomini et le général Dufour, ainsi que celle de David Auberson sur l’influence de la guerre de Sécession en Suisse – le lecteur intéressé pourra également lire sur ce sujet la fiche de lecture que nous avons publié sur son livre: Ferdinand Lecomte (1826-1899). Un Vaudois témoin de la guerre de Sécession.

La deuxième partie, consacrée au XXe siècle, comprend deux communications sur l’école zurichoise dont le chef de file a été le général Wille, commandant en chef au cours de la Première Guerre mondiale. David Rieder nous parle de Fritz Gertsch, cet "enfant terrible" du corps des instructeurs qui a joué un rôle crucial dans l’"affaire de l’hydre" qui a conduit à la démission des principaux chefs de l’armée et de l’administration militaire, y compris le chef de l’Etat-major général, vers 1905 – nous renvoyons le lecteur intéressé par cet épisode à l’une de nos fiches de lecture sur la thèse de David Rieder. De son côté, Peter Braun s’intéresse aux disciples de Wille et à leur influence après la Seconde Guerre mondiale. Mentionnons encore la communication de Martin Motte sur Daniel Reichel, penseur militaire et fondateur du CHPM.

Enfin, pour le XXIe siècle, la communication de Christian Bühlmann aborde la question de la stagnation de la pensée militaire suisse actuelle. Pour l’auteur, celle-ci est due d’une part à la nouvelle conception de l’armée adoptée depuis la fin de la Guerre froide et la victoire idéologique de l’ultralibéralisme: l’"armée de marché". Dans ce nouveau paradigme, l’armée est perçue avant tout comme une entreprise économique ce qui empêche une réelle réflexion sur la guerre et ses différentes formes. D’autre part, l’armée suisse ne peut plus s’inspirer des pensées militaires étrangères qui se préoccupent surtout des problèmes relatifs aux projections extérieures qui ne correspondent pas aux engagements potentiels de l’armée suisse.

(© blogdefense.overblog.com)

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Introduction à la Cyberstratégie

Publié le par Dimitry Queloz

KEMPF, Olivier, Introduction à la Cyberstratégie, Paris, Economica, 2012, 176 pages

Ce très intéressant ouvrage d’Olivier Kempf sur la cyberstratégie est une excellente introduction – même s’il est bien plus que cela – à ce sujet relativement nouveau, encore largement en friche. Synthétique, structuré, écrit dans une langue qui le rend accessible aux non-initiés, nous le recommandons vivement à tous ceux qui voudraient mieux comprendre cette "discipline en expansion" dont on entend beaucoup parler, mais souvent avec un dilettantisme qui en montre la méconnaissance, notamment chez certains politiciens suisses.

Pour Olivier Kempf, le domaine cyber doit être appréhendé avec de nouveaux paradigmes stratégiques. Il n’est en effet pas possible de reprendre directement les concepts développés en matière de stratégie classique, qu’ils soient liés à la guerre conventionnelle, révolutionnaire ou nucléaire, et ce pour de nombreuses raisons.

La première découle du fait que le cyberespace comprend plusieurs "lieux" et se compose de trois couches superposées de natures différentes, dans lesquelles les actions stratégiques sont elles aussi de natures différentes: une couche matérielle (les ordinateurs, les systèmes informatiques et les infrastructures de connexion), une couche logique (les programmes) et une couche sémantique ou informationnelle (les informations circulant dans le cyberespace).

La deuxième raison invoquée par l’auteur est la multiplicité des acteurs. Alors qu’en stratégie classique l’affrontement consiste généralement en un duel basé sur le principe de la dialectique – selon la définition bien connue du général Beaufre pour qui la stratégie est "l’art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leur conflit" –, en cyberstratégie, les acteurs sont multiples et peuvent être regroupés en trois grandes catégories: acteurs individuels (internautes, consommateurs, travailleurs, opineurs…), acteurs collectifs (sociétés, médias, partis politiques, groupes idéologiques…), acteurs étatiques (gouvernements, administrations, polices, armées…). Il en découle que le principe dialectique n’est pas adapté et doit donc être remplacé par celui de "polylectique".

Le principe d’inattribution vient par ailleurs encore complexifier la question. Dans le cyberespace, les actions sont généralement anonymes; il est en effet très difficile, voire impossible, de les attribuer à un acteur précis. Cet anonymat ouvre bien sûr de nouvelles perspectives d’action. Il rend notamment à nouveau possible l’attaque contre un autre Etat, alors que seule la guerre défensive est considérée depuis des décennies comme légitime en droit international.

L’absence d’arme absolue et le caractère non-effrayant de l’action dans le cyberespace représentent d’autres caractéristiques propres qui différencient fondamentalement le domaine cyber du nucléaire. La notion de dissuasion est beaucoup plus difficile à théoriser et à mettre en œuvre, d’autant qu’il faut également tenir compte du principe d’inattribution et de la multiplicité des acteurs. Contrairement à l’atome, il n’y a, pour le faible, pas de "pouvoir égalisateur" dans le domaine cyber.

Enfin, et c’est là un point fondamental, le domaine cyber oblige le pouvoir politique à définir une politique et une stratégie précises, avec la désignation des adversaires, des cibles à attaquer et des effets à obtenir, et ce bien avant l’ouverture du conflit. L’action, surtout offensive, doit en effet être minutieusement préparée, chaque cible nécessitant la mise au point d’une arme spécifique soigneusement adaptée (virus, ver, cheval de Troie…). Comme cette mise au point demande du temps et une connaissance précise des cibles, il est indispensable, si l’on veut pouvoir agir rapidement à un moment donné, de se préparer suffisamment en amont, ce qui implique des choix politiques précis.

Liée à des domaines techniques en constante évolution, la cyberstratégie connaîtra un important développement dans le futur. Une autre des qualités de l’ouvrage est de sensibiliser le lecteur à ce problème et de présenter, notamment dans la conclusion, quelques pistes concernant ces évolutions futures.

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La pensée militaire prussienne

Publié le par Dimitry Queloz

LANGENDORF, Jean-Jacques, La pensée militaire prussienne. Etudes de Frédéric le Grand à Schlieffen, Paris, Economica, 2012, 622 pages

Cet ouvrage, publié en collaboration avec le Centre d’Histoire et de Prospective Militaires (CHPM), la Commission Française d’Histoire Militaire (CFHM) et l’Institut de Stratégie Comparée (ISC), regroupe 28 articles de l’historien militaire Jean-Jacques Langendorf, pour beaucoup inédits ou publiés pour la première fois en français. Dès lors, il propose une grande diversité de thèmes (histoire de la marine prussienne ou de la presse militaire, études biographiques, comparaisons entre les pensées de plusieurs auteurs…) et nous fait (re)découvrir de nombreux penseurs militaires, dont certains "sont tombés dans les oubliettes de l’histoire" comme Georg Heinrich von Berenhorst, Adam Heinrich Dietrich von Bülow, Ernst von Pfuel ou Rühle von Lilienstern. Ce recueil est donc particulièrement le bienvenu, surtout pour les lecteurs francophones. Hervé Coutau-Bégarie le qualifie de "digne complément d’After Clausewitz d’Echevarria sur la pensée militaire allemande de 1871 à 1918".

En dépit de cette diversité, plusieurs axes se dégagent de l’ouvrage. Le premier est l’importance, tant qualitative que quantitative, de la pensée militaire prussienne au cours du premier tiers du XIXe siècle. Ce foisonnement intellectuel est l'œuvre de personnages marquants, traumatisés par l'humiliante défaite de 1806 et s'interrogeant sur les nouvelles pratiques militaires des guerres de la Révolution et de l’Empire. Il s'inscrit cependant aussi dans un cadre philosophique plus général, avec notamment l'influence du romantisme, du piétisme et de la philosophie de Hegel. Un deuxième axe du livre est constitué par le développement d’un courant de pensée qui conduit au plus grand penseur contemporain, Clausewitz, dont l'œuvre est élaborée à froid, après réflexion, contrairement aux écrits de certains de ses précurseurs (Ernst von Pfuel, Johann Friedrich Constantin von Lossau). Ce courant "clausewitzien" s'oppose à un autre courant, plus dogmatique et simpliste, inspiré de Jomini et de Bülow, dont le représentant le plus exemplaire est Willisen. A propos de Clausewitz, notons encore que Jean-Jacques Langendorf nous donne ici de très intéressants compléments par rapport aux grandes études publiées à son sujet – voir notamment "Clausewitz et la Suisse", "Clausewitz et la Vendée", "Schleiermacher, un inspirateur de Clausewitz?" et "Clausewitz, Paris 1814: la première traduction; l'unique étude signée".

Face à ce livre, nous sommes comme Madame de Sévigné devant son panier de cerises. Cependant, devant faire des choix, nous nous limiterons à parler plus particulièrement de deux articles qui concernent directement la Suisse.

Le premier est celui consacré au général Ernst von Pfuel. Outre son action militaire au cours des guerres napoléoniennes, Pfuel joue un rôle politique important dans la Prusse du premier XIXe siècle. Libéral, il se montre très habile dans des missions délicates, notamment lors de l’occupation de Paris après la défaite de l’Empereur ou en tant que premier commandant de Cologne en 1830. Commissaire du roi de Prusse à Neuchâtel au moment de la révolution de 1831, qu’il réprime avec succès, puis gouverneur jusqu’en 1849, il ne se montre pourtant pas attaché à la conservation de cette lointaine possession. Au cours de l’Affaire de Neuchâtel en 1856-1857, il est opposé à une intervention militaire qu’il considère par ailleurs comme hasardeuse en raison des insuffisances de l’armée prussienne et de la volonté de défense suisse. Les écrits de Pfuel sont relativement peu nombreux, mais fort intéressants. Passionné de sport (escrime, natation et patinage qu’il pratique avec une grande maîtrise jusque dans les dernières années de sa vie), il compare l’escrime et la guerre et parle de cette dernière en termes très proches de ceux de Clausewitz dont il est, nous l'avons dit, un précurseur (guerre conçue comme un duel, force de la défensive, importance des forces morales…).

Le second article, "Clausewitz et la Suisse" – Clausewitz a séjourné en Suisse et y a fréquenté Madame de Staël et Heinrich Pestalozzi – , s’intéresse plus spécifiquement à la guerre en montagne. Le penseur prussien étudie cette question dans deux de ses œuvres: Die Feldzüge von 1799 in Italien und der Schweiz et Vom Kriege. Contrairement à nombre de ses contemporains victimes d’un "fétichisme des Alpes", il en déduit que la possession des régions alpines ne permet pas de contrôler les plaines environnantes, que la défensive en montagne n’est avantageuse qu’au niveau tactique et que la bataille décisive ne peut avoir lieu qu’en plaine. Jean-Jacques Langendorf pose une question intéressante en se demandant dans quelle mesure Clausewitz a influencé la pensée militaire suisse du XIXe siècle dont les conceptions en matière de guerre en montagne et de réduit alpin présentent de fréquentes analogies avec celles du Prussien. Il ne peut malheureusement donner qu’une ébauche de réponse, la question n’ayant pas été traitée de manière approfondie jusqu'à présent.

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Bréviaire stratégique

Publié le par Dimitry Queloz

COUTAU-BEGARIE, Hervé, Bréviaire stratégique, Paris, Argos, 2013, 112 pages

Cet ouvrage posthume d’Hervé Coutau-Bégarie, malheureusement décédé en février 2012, est tout simplement excellent! Il représente la synthèse de plusieurs décennies de recherches et d’intenses réflexions et nous livre en quelque nonante (ou quatre-vingt-dix) pages et 555 aphorismes "tout le jus" de la stratégie. Ecrit d’une manière claire et concise, dans un langage accessible au profane, il constitue la meilleure synthèse que nous ayons lue jusqu’à présent et un préalable à la lecture d’ouvrages plus développés.

Le livre n’est cependant pas une simple synthèse de l’histoire de la théorie et de la pensée stratégique. Il est aussi une réflexion personnelle, une expression de la conception "bégarienne" de la stratégie. A ce titre, il mériterait une étude poussée pour comprendre la pensée d’un des plus grands stratégistes contemporains.

Après un remarquable avant-propos d’Olivier Zajec, Hervé Coutau-Bégarie aborde, en dix chapitres, l’ensemble du champ stratégique: définition; stratégie en tant que science et en tant qu’art; méthode et principes; influences culturelles; stratégies nucléaire, maritime et aérienne; qualités du stratège (ce dernier chapitre étant d’un intérêt tout particulier).

Il ne saurait être question de présenter ici l’ensemble du contenu de ce livre si riche. Nous nous contenterons de nous arrêter brièvement sur deux points fondamentaux, hélas trop souvent oubliés de nos jours dans les débats relatifs aux questions de défense.

Hervé Coutau-Bégarie insiste sur les "deux dimensions" de la stratégie: la "matérielle" et l’"intellectuelle". Complémentaires (la réflexion permet un emploi judicieux des moyens), elles ne sauraient être opposées l’une à l’autre. Si la dimension matérielle "tend à devenir prépondérante à l’époque contemporaine avec l’industrialisation de la guerre, le progrès technique et la mobilisation totale", elle n’en est "pas pour autant exclusive" et la "supériorité matérielle peut être, au moins partiellement, neutralisée ou contournée par des stratégies alternatives (guerre révolutionnaire; techno-guérilla; déception…)". Il faut donc se méfier des conceptions techno-centrées, d’autant que les facteurs culturels, sociologiques et sociétaux influencent également l’efficacité des armées: "Des armes ou des tactiques ne sont pleinement efficaces que si elles s’intègrent dans des institutions aptes à les recevoir et à les pratiquer." D’un autre côté, la dimension matérielle ne doit pas être négligée non plus. L’aspect quantitatif a son importance: "Il n’y a pas de stratégie sans moyens." Dans un contexte de diminution des dépenses militaires, "le choix des programmes d’armement devient la décision centrale de toute politique de défense".

Le deuxième point concerne la "spécificité de la stratégie". Pour Hervé Coutau-Bégarie, la stratégie ne doit pas être confondue avec l’économie, la politique ou le droit. De plus, elle ne doit pas être reléguée au second plan par rapport à ces domaines: en stratégie, "une trop grande attention portée aux aspects politiques, économiques ou sociaux peut conduire à une perte d’efficacité militaire". La stratégie, dans son essence, est directement liée à la guerre et le concept ne doit pas être globalisé, en dépit de l’interdépendance des problèmes. "Les problèmes d’environnement ou de sécurité sociétale sont fondamentalement politique, la tentative d’en faire les composantes d’une stratégie de sécurité globale est totalement dépourvue de signification. Même si les problèmes sociaux sont aujourd’hui étroitement interdépendants les uns des autres, les catégories n’ont pas pour autant disparu." En conclusion, la guerre n’est pas totalement morte et "la volonté de nier le conflit découle d’une préférence idéologique plus que d’une analyse objective de la société internationale".

(© blogdefense.overblog.com)

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