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Nouvelles interprétations de la bataille de Grandson (1)

Publié le par Dimitry Queloz

A la fin du XVe siècle, Charles le Téméraire, à la tête du puissant duché de Bourgogne, mène une politique d’expansion. Il se heurte à l’hostilité de son "bon cousin" Louis XI, roi de France. De son côté, l’empereur Sigismond cherche un allié contre les Confédérés. Après le refus du roi de France, il se tourne vers le duc de Bourgogne qui accepte l’alliance (traité de Saint-Omer du 9 mai 1469). Celle-ci ne dure cependant pas et, dès 1474, un premier conflit éclate, qui se termine par la défaite bourguignonne de Héricourt le 13 novembre. L’année suivante, à la suite de l’arrivée au pouvoir à Berne du parti expansionniste emmené par Niklaus von Diesbach – Berne a alors des visées sur la Franche-Comté –, des "corps francs" bernois et fribourgeois se lancent à la conquête du pays de Vaud, possession du duché de Savoie, allié de la Bourgogne. En 1476, Charles le Téméraire, jusqu’alors occupé par le siège de Neuss, est contraint d’entrer en guerre contre les Confédérés, alors qu’il avait toujours cherché à rester en paix avec eux. Franchissant le col de Jougne à la tête d’une puissante armée, il se dirige sur Grandson. Après la prise de la ville et le massacre de la garnison du château, l’armée bourguignonne subit deux défaites retentissantes, à Grandson le 2 mars et à Morat le 22 juin. C’en est fini de la puissance du Grand Duc d’Occident qui meurt le 5 janvier 1477 au cours du siège de Nancy.

 

Après plusieurs années d’études et de recherches, le divisionnaire (général de division) Frédéric Greub remet en cause certaines interprétations de la bataille de Grandson. Cet homme de cœur, à la retraite depuis une quinzaine d’années, nous a aimablement reçu chez lui pour nous parler de ses travaux, qu’il a récemment présentés lors de l’assemblée générale de l’Association Suisse d’Histoire et de Sciences Militaires (ASHSM).

 

Mon Divisionnaire, pouvez-vous nous présenter votre parcours militaire et votre carrière professionnelle?

J’ai vécu mon enfance à Delémont qui a été une ville de garnison durant la Deuxième Guerre mondiale. Le PC de la Brigade frontière 3 y était installé. J’ai des souvenirs très nets de cette période, notamment le bombardement de la gare de la ville par des appareils américains le 8 septembre 1944. C’est dans ce contexte qu’est née ma vocation militaire.

Après des études au technicum de La Chaux-de-Fonds, j’ai effectué mon école de recrues à Thoune dans les chars et je me suis dirigé vers la carrière d’instructeur. J’ai travaillé dans diverses écoles, notamment à l’école de recrues de cavalerie à Aarau entre 1967 et 1972, date de la suppression de cette arme dans l’armée suisse. En 1980-1981, j’ai suivi les cours de l’Ecole supérieure de guerre à Paris. Durant cette période, j’ai eu l’occasion de faire un stage en Guyane. J’ai également pu constater que les officiers suisses possédaient un très bon niveau de formation par rapport à ceux des autres armées. J’ai ensuite été affecté à la cellule de planification de base de l’armée, ce qui m’a permis de mener une étude sur les drones. C’était en 1983, à une époque où ces appareils commençaient à être développés. Au cours des deux années suivantes, j’ai commandé les écoles de recrues de Schwytz et de Rothenthurm, au moment où l’on débattait de l’initiative visant la protection des marais de cette région. Nous avons réalisé le premier simulateur pour les troupes d’exploration. Au début, nous avons commencé à travailler dans une ancienne écurie que nous avons réaménagée! Après avoir commandé une école d’officiers, j’ai dirigé l’école centrale des officiers de carrière à Herisau durant quatre ans. Dans ce cadre, nous avons réalisé de nombreux échanges avec les armées autrichienne et française (école de Saumur).

Mon dernier commandement de troupe a été une expérience extraordinaire. En 1992, je suis devenu commandant de la Division de campagne 2. Celle-ci avait un passé prestigieux; de grands personnages l’avaient commandée, comme le futur général Guisan. Mon bureau était installé dans le splendide château de Colombier. Par ailleurs, j’avais également sous mon commandement les Brigades frontières 2 et 3, ce qui rendait mes activités encore plus intéressantes. Je suis parti à la retraite en 1998, au moment où les temps devenaient durs pour l’armée, avec les réformes d’Armée 95 et d’Armée XXI et la diminution des moyens financiers à disposition. (A suivre)

 

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Nouvelles interprétations de la bataille de Grandson (2 et fin)

La bataille de Grandson, Chroniques du Lucernois Diebold Schilling, 1513 (© blogdefense.overblog.com)

La bataille de Grandson, Chroniques du Lucernois Diebold Schilling, 1513 (© blogdefense.overblog.com)

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