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Mai-juin 1940: La Luftwaffe attaque! (4)

Publié le par Dimitry Queloz

Les combats aériens et leurs conséquences politiques

Le 10 mai 1940, les Allemands déclenchent le plan Manstein. Le Conseil fédéral décrète alors la deuxième mobilisation générale de la guerre. Le dispositif aérien est remanié. Afin de les protéger contre des attaques surprises, des escadrilles sont transférées sur les aérodromes moins vulnérables de l’intérieur du territoire. Ces mesures rendent cependant plus difficiles les engagements de protection de la neutralité qui nécessitent une dispersion des escadrilles de manière à pouvoir intervenir rapidement contre les appareils pénétrant dans l’espace aérien. D’autres dispositions sont également prises. L’interdiction de survol de la zone frontière est levée et des patrouilles de C-35 reçoivent la mission de surveiller le secteur nord compris entre Les Rousses et Sargans à une altitude de 3'000 à 4'000 m. L’état d’alerte des escadrilles est renforcé et des avions sont en permanence prêts au décollage durant la journée.

Durant la campagne de France, la Suisse est victime de nombreuses violations de son espace aérien : 113 pour le mois de mai et 84 pour celui de juin. La plupart sont le fait d’appareils allemands désirant raccourcir leurs trajets de vols lors des raids contre le territoire français. La Suisse réagit avec vigueur contre ces actes contraires au droit international. D’une part, elle proteste diplomatiquement. D’autre part, elle fait décoller ses formations de chasse pour intercepter les intrus et faire respecter sa neutralité. En mai, 45 patrouilles sont ainsi engagées, en juin 37.

Ces engagements débouchent sur de véritables combats aériens. A plusieurs reprises, les Allemands cherchent délibérément le combat en tournant au-dessus du territoire helvétique ou en attaquant sciemment des appareils suisses. Les incidents les plus graves ont lieu les 4 et 8 juin. Durant ces deux jours, les Allemands perdent cinq Messerschmitt Me-110 et la Suisse deux Messerschmitt Me-109 et un C-35. Entre le 10 mai et le 8 juin, la Luftwaffe perd onze appareils et la Suisse seulement trois, ainsi que trois pilotes, le premier-lieutenant Emilio Gürtler et les lieutenants Rodolfo Meuli et Rudolf Rickenbacher. Ironie de l’histoire, les pertes allemandes ont été causées par les chasseurs livrés quelques mois plus tôt par l’Allemagne !

En dépit de leur responsabilité totale dans ces "incidents", les Allemands protestent diplomatiquement en arguant que leurs appareils ont été attaqués dans l’espace aérien français. De son côté, la Suisse ne se laisse pas faire, au début du moins, et se montre prête à recourir à la procédure d’arbitrage prévue par la Convention signée avec l’Allemagne le 3 décembre 1921. Cependant, le Département politique – le ministère des Affaires étrangères –, qui subit de manière directe les fortes pressions de Berlin, intervient auprès des militaires pour calmer le "calmer le jeu". Précisons que la situation internationale de la Suisse devient de plus en plus délicate. La France est désormais proche de la défaite. Le 10 juin, l’Italie entre en guerre aux côtés de l’Allemagne, avec pour conséquence un encerclement de la Suisse par les forces de l’Axe. Enfin, des saboteurs allemands entrent en Suisse pour détruire les chasseurs helvétiques.

La Suisse est alors contrainte de prendre des mesures d’apaisement, même si elle ne cède pas sur l’essentiel. Dès le 13 juin, le général Guisan ordonne des restrictions d’engagement de l’aviation. Une semaine plus tard, son ordre d’engagement du 20 juin interdit de faire décoller la chasse contre les avions violant la neutralité de l’espace aérien et ne permet à l’aviation suisse de voler que dans les limites d’un polygone bien défini. Cette mesure n’est annulé qu’en automne 1943! D’autres concessions, d’ordre politique, sont également faites par la Suisse. Les pilotes allemands et leurs matériels internés sont libérés entre juin et octobre 1940. Cependant, la situation entre les deux pays se détend petit à petit. Le 16 juillet, les Allemands annoncent que le conflit est terminé. (A suivre)

Monument inauguré au Chasseral en 2010 en mémoire des pilotes suisses morts à l’engagement au cours des combats aériens de juin 1940. (© Hervé de Weck)

Monument inauguré au Chasseral en 2010 en mémoire des pilotes suisses morts à l’engagement au cours des combats aériens de juin 1940. (© Hervé de Weck)

23 mars 2013: A l'occasion de son 100e anniversaire, la Société jurassienne des officiers dépose une gerbe au monument Gürtler, près de Porrentruy en Ajoie. (© Hervé de Weck)

23 mars 2013: A l'occasion de son 100e anniversaire, la Société jurassienne des officiers dépose une gerbe au monument Gürtler, près de Porrentruy en Ajoie. (© Hervé de Weck)

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Mai-juin 1940: La Luftwaffe attaque! (3)

Publié le par Dimitry Queloz

La difficile mise en place d’une doctrine d’engagement

Entre septembre 1939 et le début de l’offensive allemande à l’ouest, l’armée suisse dispose d’un temps relativement important pour poursuivre la modernisation de ses Troupes d’aviation et de DCA. Elle parvient à mettre en service les chasseurs modernes nécessaires pour équiper 9 escadrilles, 3 de Messerschmitt et 6 de Morane. Cette période est aussi employée pour définir des procédures d’interception, ainsi qu’une stratégie d’engagement pour défendre la neutralité. Celles-ci sont mises en place avec difficultés. Les hésitations et les changements sont nombreux. D’une part, les différents acteurs concernés ont de la peine à communiquer. Ils manquent d’expérience et, parfois, de compétences. D’autre part, les facteurs politiques, techniques et économiques influençant la réflexion sont complexes et varient au cours de la période.

Ainsi, l’engagement de patrouilles aériennes de surveillance de la frontière est rapidement remis en question pour éviter des violations de territoires étrangers de la part des avions suisses. La mise en place d’une zone d’interdiction de vol le long de la frontière contribue à éviter ce problème. Cette mesure envoie toutefois un message négatif aux pays étrangers en ce qui concerne la volonté de défendre réellement l’espace aérien et conduit les pilotes allemands à profiter de la situation. Enfin, le manque de chasseurs modernes et les restrictions en matière de carburant incitent à limiter les engagements.

Un autre problème réside dans l’absence d’organes centralisés d’exploitation des données et de conduite des opérations. Jusqu’au début du mois de juin 1940, ce sont les chefs des détachements d’alarme des escadrilles qui décident d’engager les patrouilles en tenant compte des renseignements en leur possession. Ce n’est qu’ensuite que commence à fonctionner une ébauche de direction générale des opérations, installée à Berne.

Les procédures d’interceptions sont encore plus difficiles à mettre en place. Trop complexes, elles doivent être simplifiées à plusieurs reprises, d’autant que les moyens de communication sont limités. Les consignes données le 6 septembre 1939 sont particulièrement caractéristiques de cette complexité. Les pilotes doivent faire la distinction entre les avions hostiles et les appareils endommagés ou égarés. Les premiers doivent être attaqués d’emblée, sans avertissement. Pour les seconds, une procédure complexe est définie, qui prévoit notamment des tirs d’avertissement au moyen de fusées, que les chasseurs suisses ne sont cependant pas en mesure de tirer puisqu’ils ne sont pas équipés des dispositifs nécessaires !

De plus, jusqu’à la fin de l’année 1939, il est prévu d’engager tous les types d’appareils des Troupes d’aviation pour protéger la neutralité, mais avec des missions différentes, en tenant compte de leurs performances. En raison de leur vitesse, les Messerschmitt doivent assurer les interceptions. Ils doivent ensuite remettre les intrus aux C-35, plus lents, qui doivent les accompagner jusqu’à un aérodrome. Quand aux D-27, qui ne dépassent guère les 320 km/h, ils sont chargés de s’occuper des appareils isolés. Il est facile d’imaginer les difficultés rencontrés par les pilotes chargés d’appliquer de telles consignes, surtout avec des moyens radio limités. Finalement, seuls les Messerschmitt et les Morane sont employés pour assurer les missions de protection de la neutralité.

Toutes ces lacunes en matière de matériel, d’organisation et de doctrine ont pour conséquence une faiblesse de l’efficacité du système de protection de la neutralité aérienne. Au cours du mois d’avril 1940, lors des 41 violations de frontière ayant lieu, aucune patrouille de la chasse suisse ne parvient à établir le contact avec les appareils étrangers. A décharge des Troupes d’aviation, il faut préciser que nombre de ces violations ne sont que de brefs survols du territoire suisse et que toute interception est absolument impossible, même avec une organisation parfaitement au point. Cependant, les résultats ne sont pas vraiment meilleurs lorsque les vols pénètrent davantage à l’intérieur du territoire helvétique ou lors d’exercices. C’est ainsi qu’au cours du mois de mars 1940, un avion allemand réussit à survoler Dübendorf sans avoir été intercepté. Le même mois, au cours d’un exercice de détection et d’interception, seules deux patrouilles sur les dix engagées parviennent à intercepter l’avion « intrus ». (A suivre)

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Politique, acquisitions et productions d'armements en suisse

Publié le par Dimitry Queloz

JAUN, Rudolf, RIEDER, David (Hg.,dir.), Schweizer Rüstung. Politik, Beschaffungen und Industrie im 20. Jahrhundert. L'armement suisse. Politique, acquisitions et productions au XXe siècle, Baden, hier + jetzt, 2013, 176 pages

Cet ouvrage contient les contributions présentées lors d'un colloque organisé à Berne en 2011 par l'Association Suisse d'Histoire et de Sciences Militaires (ASHSM). Il constitue le premier volume de la nouvelle SERIE ARES dans laquelle seront désormais éditées les publications de l'association.

En Suisse, le domaine de l'armement est complexe. De part sa petite taille, le pays ne représente pas un marché suffisant pour des industries d'armement nombreuses et variées. Dès lors, seules quelques industries présentes dans des secteurs bien particuliers ont été en mesure de se développer et de se maintenir. De plus, ce domaine se caractérise par une double mixité. D'une part, industries privées et publiques se côtoient. D'autre part, la politique d'acquisition repose à la fois sur l'achat de matériels développés et fabriqués en Suisse et sur l'achat de matériels "sur étagère" auprès de firmes étrangères, souvent construits sous licence et "helvétisés". Il en a résulté certains développements chaotiques, notamment dans des secteurs complexes comme les chars ou l'aviation que les industries helvétiques maîtrisaient mal techniquement. Enfin, les acteurs concernés par les questions d'armement sont particulièrement nombreux. En plus des divers acteurs militaires, politiques et économiques, il faut mentionner le peuple suisse, qui peut se prononcer sur les achats d'armement par le biais de l'initiative populaire.

Le livre contient, outre une préface du divisionnaire Dominique Juilland, président de l'ASHSM, et une introduction du professeur Rudolf Jaun, les  neuf contributions principales suivantes:

- Alexandre Vautravers: L'armement en Suisse: un secteur économique et stratégique particulier

- Sandro Fehr: Die Vulnerabilität der chemieindustriellen Basis von Rüstung und Krieg in der Schweiz während des Ersten Weltkriegs

- Marco Wyss: Importations d'armes et intérêts économiques suisses au début de la Guerre froide

- Julien Grand: Quelle industrie aéronautique en terre helvétique? Du développement autonome à la production sous licence

- Marc Lutz: Ein Dach für die Schweiz oder unnötige Milliardenvögel? Die Debatte um die Beschaffung des Kampfflugzeugs F/A-18

- Christian Hug: Panzerbeschaffung und -entwicklung - erste Versuche einer Eigenentwicklung bis zur Einführung des Panzers 61/68

- Hervé de Weck: Les défauts des "Chars 61" et "68", un coup d'oeil dans les coulisses

- Christoph Wyniger: Das grösste Rüstungsgütergeschäft der Schweizer Armee: die Beschaffung des Kampfpanzers Leopard 2

- Patrik Ernst: Erste Eigenentwicklungen von Raketenartillerie in den 1950er-/1960er-Jahren

(© blogdefense.overblog.com)

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Mai-juin 1940: La Luftwaffe attaque! (2)

Publié le par Dimitry Queloz

Les Troupes d’aviation et de DCA au début de la Deuxième Guerre mondiale

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’aviation militaire suisse ne connaît pas un développement comparable à celui des forces aériennes des puissances européennes. Les différents retards ne sont pas comblés dans l’après-guerre, si bien que, à la fin des années 1920, elle se trouve dans un état de sous-développement notoire. Dès son arrivée au Gouvernement, le conseiller fédéral Rudolf Minger prend des mesures pour renforcer l’organisation des troupes d’aviation et les doter d’avions modernes.

La nouvelle Organisation des troupes de 1936, entrée en vigueur en 1938, consacre l’indépendance des troupes d’aviation, jusque-là subordonnées à l’Etat-major général, ainsi que le regroupement avec la DCA. Les nouvelles Troupes d’aviation et de DCA, dotées de 300 appareils, comprennent 21 compagnies (escadrilles) regroupées en 3 régiments. La réforme doit être entièrement terminée en 1942.

En ce qui concerne le matériel, le Parlement accorde en 1930 un crédit de 20 millions de francs pour l’achat de 40 biplaces Fokker CV et 65 chasseurs Dewoitine D-27. Ces avions sont cependant rapidement dépassés en raison de la rapidité des progrès techniques. De plus, l’Organisation des troupes de 1936 nécessite l’acquisition de nouveaux appareils en raison de l’augmentation des effectifs, qui passent de 125 à 300. Les Troupes d’aviation sont confrontées à d’importantes difficultés. Tout d’abord, la définition des besoins doit tenir compte des appareils disponibles sur le marché et des moyens financiers. Le problème est particulièrement aigu pour le choix de l’avion polyvalent. Un bimoteur serait plus performant, mais plus cher à l’achat et à l’entretien qu’un monomoteur. Finalement, c’est le C-35 qui est retenu, en dépit de la médiocrité de ses performances. En raison de l’incapacité de l’industrie aéronautique helvétique à construire un chasseur à hautes performances, il est nécessaire de se tourner vers l’étranger pour équiper les escadrilles de chasse. Le moment n’est cependant pas des plus opportuns. D’une part, les appareils existants sont obsolètes, tandis que les projets en cours de développement ne peuvent encore être achetés. D’autre part, les circonstances du moment limitent les possibilités d’achats. Certains pays, en plein effort de réarmement, rechignent à vendre des armes à la Suisse. En France, l’arrivée au pouvoir du Front populaire conduit à une interruption temporaire des négociations d’achat.

Finalement, la Suisse peut acheter des MS-405 à la firme française Morane Saulnier et des Messerschmitt Me-109 à l’Allemagne. Le programme Morane prend du retard et les premiers appareils, construits sous licence avec des modifications – notamment un moteur Hispano-Suiza et des mitrailleuses alimentées par bandes – et rebaptisés D-3800, sont livrés à partir du milieu de l’année 1939. Le 21 octobre 1938, le Conseil fédéral accepte d’acheter des Messerschmitt Me-109. Un premier lot de 40 avions – 10 Me-109 D (équipés d’un moteur Jumo de 680 CV) et 30 Me-109 E (dotés du moteur DB 601 de 950 CV) – est commandé. Ces appareils permettent d’équiper trois escadrilles au début de la guerre. Un second lot de 50 unités est acheté quelques semaines avant le début des hostilités.

Au moment de la mobilisation des Troupes d’aviation, le 29 août 1939, le parc aérien comprend 225 appareils, soit 58 D-27, 10 Me-109 D, 30 Me-109 E, 49 CV et 78 C-35. Il manque donc 80 avions et 5 escadrilles ne peuvent être mises sur pied. De plus, seuls les Messerschmitt Me-109 sont réellement modernes. Leur aptitude au combat est, par ailleurs, le fruit d’importants efforts, car il a fallu terminer de les équiper – notamment en matériel radio – et les armer en Suisse, avec les moyens à disposition. Quant à la DCA, sa situation est encore plus critique. Les moyens à disposition de la troupe se limitent à 7 canons de 7,5 cm et 24 de 20 mm.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, les Troupes d’aviation sont en pleine restructuration et ne disposent que de moyens limités. Ce résultat est la conséquence d’une longue absence de politique en matière aérienne et de moyens financiers limités. Le renforcement initié une décennie plus tôt par Minger n’a pas encore porté tous ses fruits, les retards étant beaucoup trop nombreux. Heureusement, les Troupes d’aviation ont eu jusqu’en mai 1940 pour poursuivre leur modernisation avant d’avoir à affronter la Luftwaffe. (A suivre)

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Mai-juin 1940: La Luftwaffe attaque! (1)

Publié le par Dimitry Queloz

Le 10 mai 1940, l’armée allemande, déclenchant le plan Manstein, attaque à l’ouest. Les combats se déroulent principalement aux Pays-Bas, en Belgique et dans le nord de la France. La Suisse est épargnée. Toutefois, des unités la Luftwaffe stationnées dans le sud de l’Allemagne effectuent des raids dans la région lyonnaise. Pour raccourcir les durées de vol, elles violent délibérément l’espace aérien helvétique obligeant la chasse à intervenir pour défendre la neutralité.

La neutralité aérienne

La question de la neutralité aérienne a été longuement débattue durant les premières décennies du XXe siècle. Les conventions de La Haye de 1907 relatives à la neutralité n’abordent pas le problème de l’espace aérien. De plus, nombre de spécialistes du droit international, parmi lesquels le Français Paul Fauchille, ne reconnaissent pas la souveraineté des Etats sur l’espace aérien situé au-dessus des territoires nationaux. Leurs conceptions s’inspirent du droit maritime et ils considèrent qu’à partir d’une certaine hauteur l’espace aérien est libre, à l’instar des mers.

Durant la Première Guerre mondiale, les Etats neutres n’appliquent pas cette conception et considèrent l’espace aérien comme partie intégrante de leur territoire, avec le devoir de combattre ou à tout le moins de protester contre les incursions illicites. Cette pratique fait jurisprudence. Toutefois, aucun accord international ne règle la question durant l’entre-deux-guerres. La plus grande incertitude règne donc au moment où éclate la Deuxième Guerre mondiale. Les pays neutres – voir à ce sujet les discussions du groupe d’Oslo en mai 1938 réunissant la Finlande, le Danemark, l’Islande, la Norvège et la Suède auxquels se joignent la Belgique et les Pays-Bas – sont donc inquiets, d’autant que certaines puissances ne respectent pas même les accords qu’elles ont signés.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse adopte une position identique à celle de 1914 en matière de neutralité aérienne. La déclaration de neutralité du 31 août 1939 est générale, mais elle stipule que "la Confédération suisse maintiendra et défendra par tous les moyens dont elle dispose l’inviolabilité de son territoire et la neutralité (reconnue par les traités de 1815)". Deux autres textes, entrés en vigueur à la même période, réglementent strictement le trafic aérien et définissent les mesures à prendre en cas de violation de l’espace aérien.

En dépit de la fermeté des déclarations politiques, les militaires suisses manquent d’assurance quant à la position à tenir. D’une part, ils redoutent que les puissances ne respectent pas l’espace aérien de la Suisse en raison du flou juridique relatif à la neutralité aérienne. Cette crainte n’est pas totalement infondée. On rapporte le cas d’une demande anglaise de libre passage au-dessus des Pays-Bas pour aller bombarder la région de la Ruhr. D’autre part, les militaires sont conscients de l’état d’impréparation des Troupes d’aviation et de DCA. Avec les moyens à disposition, il est impossible d’appliquer de manière stricte les principes définis dans la déclaration de neutralité. Le Conseil fédéral, conscient des carences en matière de défense aérienne, se montre dès lors plus modeste dans ses ambitions. Le 10 octobre 1939, il fait parvenir aux légations suisses une circulaire informant que "l’Etat neutre satisf(erait) à son obligation s’il défend(ait) l’espace aérien dans la mesure de ses forces". (A suivre)

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