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Carnage et culture

Publié le par Dimitry Queloz

HANSON, Victor Davis, Carnage & culture. Les grandes batailles qui ont fait l'Occident, Paris, Flammarion, 2002, 600 pages

Dans ses ouvrages d'histoire militaire, Victor Davis Hanson veut expliquer la supériorité militaire de l'Occident. Il écarte les aspects techniques, stratégiques, tactiques et géopolitiques pour développer une thèse basée sur des raisons culturelles. Celle-ci a soulevé un débat parmi les historiens militaires et certains d'entre eux, notamment John Lynn (De la guerre. Une histoire du combat des origines à nos jours, Paris, Tallandier, 2007, 603 pages), contestent l'explication donnée par Hanson.

L'auteur définit un modèle spécifique de guerre occidentale, né dans la Grèce antique et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours. A la base de ce modèle, se trouvent des valeurs qui constituent des caractéristiques particulières de la culture occidentale: individualisme, démocratie, rationalisme et esprit d’entreprise. Hanson prend l'exemple de neuf batailles décisives - Salamine (- 480), Gaugamèles (- 331), Cannes (- 216), Poitiers (732), Tenochtitlan (1520-1521), Lépante (1571), Rorke’s Drift (1879), Midway (1942), Têt (1968) - pour montrer que ces caractéristiques ont joué le rôle déterminant dans la victoire des armées occidentales au cours des conflits qui les ont opposées aux forces des autres civilisations du monde entier.

Pour l'auteur, les valeurs mentionnées sont spécifiquement occidentales et elles sont à peu près inconnues des autres aires de civilisation. Toutefois, il admet qu'elles n'ont pas toujours été présentes dans leur plein développement tout au long de la période étudiée et qu'elles n'ont pas toujours recouvert la même signification. De plus, il tient également compte du fait que, en raison des échanges entre les peuples, certaines de ces valeurs ont été adoptées ailleurs que dans le monde occidental. Il précise cependant que cette adoption n'a été que partielle, à l’instar de l'exemple japonais de la fin du XIXe siècle.

Le modèle de guerre occidental défini par Hanson se caractérise par le fait que la guerre est envisagée, en général et à l'instar de ce que Clausewitz en a donné comme définition, comme le prolongement de la politique et non pas comme un rite religieux, un simple "sport" ou une activité permettant de s'enrichir et de conquérir des territoires. Par ailleurs, la bataille présente également des caractères particuliers. Tout comme la guerre, elle est menée de manière rationnelle et a pour but la destruction de l'adversaire; elle cherche la décision rapide, au moyen du choc mené le plus souvent par une infanterie composée d'hommes libres, disposant de droits et de devoirs politiques. Les chefs sont puissants, mais pas omnipotents, et peuvent être critiqués et même révoqués.

Dans ce modèle d'explication, l'importance jouée par la supériorité technique de l'armement occidental est relativisée. Avec justesse, Hanson montre que la supériorité technologique n'a, pendant longtemps, été que partielle et qu'elle ne suffit pas à expliquer, à elle seule, la destruction d'armées nombreuses par des forces occidentales en infériorité numérique significative.

La conception culturelle de la guerre occidentale, telle que présentée par l'auteur, se caractérise essentiellement par son côté amoral. Elle n'est pas entravée par des considérations d'ordre religieux ou rituel. A l'instar de la science, autre "apanage" occidental, elle est avant tout régie par le souci d'efficacité. Dès lors, elle se trouve être particulièrement meurtrière et, justement, efficace. Ainsi, s'expliquerait la supériorité militaire de l'Occident, supériorité qui lui a permis de s'imposer victorieusement dans la plupart des conflits l'opposant à des armées issues d'autres aires culturelles et ce, en dépit des revers subis en de rares occasions, comme aux Thermopyles (- 480) ou au Little Big Horn (1876). L'auteur précise toutefois que si cette supériorité de l'efficacité occidentale a souvent constitué un avantage, elle a aussi conduit à des hécatombes lorsque les armées occidentales s'affrontaient entre elles, comme au cours des deux guerres mondiales.

 

(© blogdefense.overblog.com)

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Opération Serval (3)

Publié le par Dimitry Queloz

Avec la crise malienne de ce début d’année, l'Europe a une fois de plus montré qu'elle était incapable de mettre en œuvre une politique extérieure et de défense cohérente, répondant efficacement à une situation grave et soudaine, en un mot digne, d'une puissance. L’Union européenne n’est en effet pas intervenue militairement et a décidé de se cantonner dans un rôle essentiellement passif, comme le montrent les conclusions du Conseil du 31 janvier 2013, qui reprennent celles du 17 du même mois. Remplis de bons sentiments, ces documents n'indiquent pas de changement par rapport aux décisions antérieures et, en fin de compte, limitent le rôle de l’Union européenne à un soutien moral, diplomatique et financier.

La seule action réellement concrète a été l’accélération de la mise en place de la mission EUTM Mali (European Union Training Mission Mali), décidée en décembre 2012 déjà. Son rôle consistera essentiellement à assurer la formation de l’armée malienne. Après un déploiement rapide des premiers éléments, la génération des forces semble prendre plus de temps que prévu et l’engagement risque d’avoir lieu avec du retard. Nous espérons sincèrement qu’elle aura davantage de succès que les troupes américaines de l’AFRICOM, ce qui n'est pas acquis. Les engagements multinationaux sont toujours délicats. Par ailleurs, la réalité malienne est ce qu'elle est et la complexité sociopolitique de ce pays risque de peser lourdement sur l'efficacité de la mission.

La passivité de l’Union européenne est difficilement excusable. Comme le montre très bien un article de Bruxelles2, toutes les conditions étaient réunies pour un engagement militaire. Il y avait un certain consensus par rapport à la crise et les moyens militaires étaient disponibles, avec le battlegroup Weimar composé de troupes françaises, allemandes et polonaises. Il est vrai que les battlegroups ne sont pas suffisamment modulaires et pas forcément non plus structurés de manière adéquate pour répondre à la situation malienne.

Nous pensons toutefois que le problème n'est pas seulement celui de l'outil et qu'il est bien davantage d'ordre politique et institutionnel. Tout d'abord, la construction de l'Europe de la défense, comme la construction européenne, se fait d'une manière fonctionnaliste et technocratique, sans création d'un véritable pouvoir politique supranational (voir à ce sujet l'ouvrage de Christophe Réveillard, La construction européenne, Paris, Ellipses, 2012). On met en commun des moyens nationaux en pensant que le rapprochement ainsi opéré conduira à terme à une véritable politique commune. Cette manière de faire a donné de beaux résultats, comme la CECA, mais montre ses limites dans des domaines essentiellement régaliens comme la monnaie unique ou la défense. De plus, depuis l'adoption du traité de Lisbonne, le principal organe décisionnel est le Conseil européen (cadre international), réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement, qui a pris le pas sur la Commission (cadre supranational), comme l'a bien montré la gestion de la crise économique de 2008. Dans de nombreux cas, les décisions de l'Union européenne sont, en fin de compte, prises par les différents Etats membres. Dès lors qu'il y a divergence d'intérêts entre ces derniers, il est très difficile d'arriver à un consensus. Si, durant la crise économique, tous les pays étaient touchés et obligés de trouver une solution, il en va bien différemment à propos de la crise malienne. Revenons au cas du triangle de Weimar. On comprend que la Pologne se sente moins concernée que la France. Les facteurs de politique intérieure ont certainement aussi joué un rôle, tout comme les restructurations en cours des armées polonaise et allemande.

Ainsi, le soutien européen à l'opération Serval provient des différents Etats et non de l'Union européenne. Ce soutien est à la fois limité et important. Limité dans le sens où aucun pays n'est intervenu directement aux côtés de la France et où chacun a soutenu cette dernière avec plus ou moins de parcimonie. Il est cependant important parce que la somme de ces moyens représente des capacités non-négligeables. Comme nous l'avons écrit dans un article précédent, sans le soutien de ses alliés, la France n'aurait pas réussi à mener l'opération Serval avec un pareil succès.

 

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La Suisse peut-elle se défendre toute seule ?

Publié le par Dimitry Queloz

DE WECK, Hervé, La Suisse peut-elle se défendre toute seule ?, Bière, Cabédita, 2011, 160 pages

Dans cet ouvrage, Hervé de Weck se demande si la Suisse est en mesure d'assurer sa défense toute seule. Il s'interroge également sur la neutralité : celle-ci est-elle compatible avec des collaborations militaires avec un Etat tiers ? Pour répondre à ces deux questions, il adopte une approche historique, avant de faire un état de la situation actuelle et de la crise que traverse l’armée. Il montre ainsi que, depuis la fin du Moyen-âge, la Suisse a toujours dépendu de l'étranger pour assurer sa défense. Petit pays face à des puissances plus grandes, la Suisse a généralement recherché la coopération avec l'étranger pour palier sa faiblesse militaire.

Entre 1515 et la Révolution française, la défense de l'Ancienne Confédération repose essentiellement sur trois piliers : la neutralité, les alliances avec l'extérieur, surtout la France, le service étranger. Les relations politico-militaires avec les puissances voisines compensent la faiblesse du système militaire helvétique, faiblesse qui éclate au grand jour au moment de l'invasion française de 1798. A la fin du XIXe siècle, alors que la neutralité helvétique est reconnue par les traités de 1815, la Suisse se retrouve entourée par de puissants Etats. Dans le cadre des tensions qui conduiront à la Première Guerre mondiale, elle est l'objet de menaces et de séductions. La neutralité traditionnelle est remise en cause par certains politiciens et militaires. La question d'une collaboration militaire se pose et diverses conversations ont lieu avec la France, l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne. Les contacts avec les Français reprennent au cours de la Première Guerre mondiale débouchant sur le plan français " H ". Dans les années 1930, des contacts personnels ont lieu avec des officiers de l'armée française. Au début de la guerre, le général Guisan poussent très loin, à l’insu du Gouvernement et de l’Etat-major de l’Armée, la coopération avec la France. Après la défaite de juin 1940, la Suisse doit se défendre avec ses seuls moyens et elle adopte la stratégie du Réduit. La période de la Guerre froide se caractérise par la prudence. Des contacts ont lieu, notamment avec les Britanniques dans les années cinquante, mais aucune planification n'est élaborée. La Suisse se dote d'une armée nombreuse et relativement bien équipée permettant une défense autonome, même si elle collabore avec l'étranger pour l'acquisition d'armement et la défense aérienne. Après la chute du mur de Berlin, la collaboration avec l'étranger entre dans la doctrine, avec l'adoption du principe de la " sécurité par la coopération ". De nouvelles menaces apparaissent ou prennent de l'importance : terrorisme, catastrophes naturelles ou dues à l’homme, migrations, armes balistiques à longue portée, cybercriminalité… De plus, l'armée doit faire face à une diminution considérable de ses moyens. Après deux réformes successives, les effectifs se limitent à 120'000 hommes actifs et le matériel manque en raison de crédits insuffisants, ce qui pousse encore à davantage de coopération.

Avec la thèse de son ouvrage, Hervé de Weck se positionne d’une manière particulière qui mécontentera certainement les deux extrémités de l'éventail politique. Une certaine droite n'y retrouvera pas les fondements mythologiques de son idéologie, à savoir une Suisse autarcique et repliée sur elle-même. Quant à la gauche, si elle pourra se réjouir de la nécessité pour la Suisse de coopérer avec l'étranger, elle aura du mal à accepter celle de maintenir un niveau de dépenses élevés. Ce dernier élément est en effet fondamental, car la coopération implique d'avoir quelque chose à mettre en commun, à partager. Ce ne doit pas être, comme certains le pensent, un oreiller de paresse ou un prétexte pour affaiblir l'armée.

 

(© Hervé de Weck)

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Traité de l'Elysée

Publié le par Dimitry Queloz

Le 22 janvier 1963, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer signaient le traité de l'Elysée. Cinquante ans plus tard, il ressort des diverses commémorations (cérémonies, discours, reportages, articles...) un double sentiment. Tout d'abord, un certain malaise en raison de la situation économique en Europe et, surtout, des nombreuses divergences - gestion de la crise, futur de l'Union européenne, politique extérieure... - au sein du couple franco-allemand, pourtant longtemps présenté comme le moteur de la construction européenne. En second lieu, le sentiment que la signature du traité a représenté un véritable succès. Nombre de médias et de commentateurs ont en effet souligné l'importance de l'événement dans la réconciliation entre la France et l'Allemagne, après une période de plusieurs décennies de guerres destructrices. Un ancien président de la République a même fait l'apologie du document, en soulignant qu'il trouvait le texte " excellent " après l'avoir relu pour la circonstance ! Cet enthousiasme pour un passé présenté sous ses meilleurs jours contraste donc fortement avec un présent chargé des plus grandes difficultés.

En réalité, le traité de l'Elysée ne constitue pas le plein succès que l'on nous a souvent présenté dans ces dernières semaines. Sur cette question précise et sur les relations franco-allemandes, nous recommandons de lire l'ouvrage du professeur Georges-Henri Soutou, L'alliance incertaine. Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996, Paris, Fayard, 1996.

Le traité de l'Elysée a certes marqué la première étape d'une véritable réconciliation entre la France et l'Allemagne. D'une part, les deux signataires ont, par leur prestige, donné au document une valeur symbolique de la plus haute importance. Il paraît même que le général de Gaulle, lui d'habitude si pudique, aurait embrassé le chancelier Adenauer après la signature du document ! D'autre part, le traité a contribué de manière significative au rapprochement durable entre les deux peuples via le troisième volet de son programme, relatif à l'éducation et à la jeunesse, qui a notamment permis la création de l'Office franco-allemand de la jeunesse.

Cependant, malgré cet important succès, le traité de l'Elysée doit être perçu comme un échec. Les deux premiers volets du programme, rarement évoqués lors des commémorations, prévoyaient une large coordination des politiques extérieures et de défense des deux Etats. La mise en œuvre de cette double collaboration n'a eu lieu qu'en de rares domaines - avant tout des échanges d'officiers et quelques programmes d'armement - et n'a duré que peu de temps. En juillet 1964 déjà, le sommet de Bonn sonnait le glas du rapprochement politique et militaire prévu dans le traité de l'Elysée.

Les raisons de cet échec sont multiples : pressions américaines qui voyaient d'un mauvais œil la constitution d'un noyau politico-militaire franco-allemand autonome, départ du chancelier Adenauer en automne 1963 qui orienta encore davantage la politique allemande en direction des Etats-Unis, adoption par le Parlement allemand d'un préambule vidant largement le traité de sa substance...

Les différends politiques entre la France et l'Allemagne ne datent donc pas d'hier. Ils constituent même une des caractéristiques des relations entre les deux pays depuis les années 1950, en dépit de remarquables collaborations et d'une véritable réconciliation après un siècle et demi de conflits. Cette dernière, désormais acquise, ne saurait cependant constituer à elle seule la base d'une politique commune pour le futur des relations franco-allemande et la construction de l'Europe.

 

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Opération Serval (2)

Publié le par Dimitry Queloz

Aux commentaires développés dans notre précédent billet sur l'opération Serval, nous aimerions apporter quelques remarques à propos des faiblesses de l'armée française. Nous avons souligné le professionnalisme et l'efficacité avec lesquels cette dernière s'est déployée et a repoussé les islamistes et les rebelles dans les premières semaines de l'opération. L'intervention n'aurait cependant pas pu avoir lieu aussi rapidement sans un pré-positionnement important de forces en Afrique et un soutien international en matière de transport aérien stratégique. Comme nous l'avons déjà mentionné, une grande partie des moyens engagés se trouvaient basés au Sénégal, en Côte-d'Ivoire et au Tchad. Cette présence sur le continent a permis de compenser dans une certaine mesure les insuffisances en matière de projection aérienne. L'armée française ne possède en effet pas les avions de transport et de ravitaillement en vol nécessaires à un déploiement important de forces directement depuis la France. Les C-160 Transall et les C-130 Hercules ont des capacités d'emport et un rayon d'action trop limités; ils ont été avant tout utilisés en Afrique même. Les moyens en provenance directe de France ont été acheminés grâce au soutien d'alliés et au recours à des sociétés civiles russe et ukrainienne spécialisées dans le transport aérien lourd à grande distance. Cette dépendance envers ses alliés, notamment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, la France n'est pas prête d'en être libérée. En effet, la prochaine entrée en service de l'Airbus A-400 M ne résoudra pas le problème, même si les capacités de l'appareil sont supérieures à celles des C-160 et des C-130. Ce sont des appareils du gabarit du C-17 Globemaster dont il faudrait disposer. Quant aux appareils de ravitaillement en vol de l'armée de l'air, ils sont à la fois anciens – près de 50 ans - et peu nombreux - 14 au total. Dans ce domaine également, l'armée française continuera à rester dépendante du soutien américain et européen. L’annonce faite en octobre dernier par le ministre de la Défense français d’acheter 14 MRTT à EADS pour remplacer les appareils en service ne permettra en effet pas d’augmenter significativement les moyens actuels.

Une autre grande lacune de l'armée française concerne le renseignement. L'Atlantique 2 de la Marine a joué un rôle significatif dans ce domaine grâce à son importante autonomie et à ses moyens d'écoute et d'observation modernes. De plus, les effectifs sont suffisants - 22 avions en tout - pour permettre un engagement de plusieurs appareils dans la durée. Signalons cependant qu'en dépit de différentes modernisations l'appareil est déjà ancien puisque la première version a été fabriquée au début des années 1960.

Le manque de drones se révèle davantage problématique. L'armée française ne possède aucun drone de type HALE (haute altitude longue endurance) et seulement 4 Harfang de type MALE (moyenne altitude longue endurance). Avec des effectifs si restreints, on comprend vite la difficulté à maintenir un déploiement dans la durée. Notons encore que les drones français étaient engagés jusqu'à récemment en Afghanistan. L'opération Serval a ainsi pu bénéficier du soutien des drones en grande partie grâce au retrait des troupes de ce pays. Le Harfang dispose par ailleurs de capacités limitées. Sa grande faiblesse, dans le cas présent, est sa vitesse, à peine supérieure à 200 km/h. Il utilise donc une partie significative de son autonomie, qui s’élève à plus de 24 heures (et même plus de 26 heures selon les dernières informations), pour les vols d'aller et de retour, ce qui limite son temps de mission sur zone. De plus, le Harfang ne peut pas être armé, même s’il est capable de désigner des objectifs. Il doit donc opérer conjointement avec d'autres moyens aériens qui doivent en assurer la destruction. Dans le domaine des drones aussi, les carences françaises ne sont malheureusement pas prêtes d'être comblées, à moins d'acheter des appareils directement auprès des Américains au risque de dépendre de ses derniers dans une technologie militaire de la plus haute importance pour le futur! La décision politique à ce sujet est attendue avec impatience, d'autant qu'elle mettra fin à une longue période d'hésitations.

Le transport lourd, le ravitaillement en vol et les drones constituent des éléments stratégiques de la plus haute importance pour les armées actuelles et du futur. La France n’est pas autonome dans ces domaines et ne le sera pas dans un avenir proche en raison des contraintes budgétaires. La politique de coopération et de partage (pooling and sharing) développée dans ces dernières années pour pallier les carences en moyens a montré ses limites au cours de la crise malienne, davantage encore que lors de la crise libyenne. Cette politique devrait être repensée. Il en est de même pour celle visant à la limitation des effectifs et des bases outre-mer. On attend donc avec intérêt les nouvelles orientations définies dans le prochain Livre blanc !

 

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