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Wellington

Publié le par Dimitry Queloz

ARJUZON, Antoine d’, Wellington, Paris, Perrin, 2015, 528 pages

Nous ne pouvons que féliciter et remercier Antoine d’Arjuzon pour ce très bel ouvrage, seule biographie récente en langue française du duc de Wellington. L’auteur n’aborde pas seulement la carrière militaire du vainqueur de Napoléon. Il traite également de sa longue carrière politique commencée dans sa jeunesse et poursuivie au lendemain de la victoire de Waterloo, de sa vie personnelle et de ses relations avec ses frères, de son mariage malheureux avec Catherine Pakenham, de sa personnalité… toujours en donnant le contexte qui permet de situer plus largement les actions du duc dans l’histoire britannique et européenne.

La vie de Wellington est étroitement liée à l’épopée napoléonienne, même si Wellington et Napoléon ne se sont "rencontrés" qu’au cours de la bataille de Waterloo. Les deux hommes sont en effet nés la même année, en 1869. La carrière militaire de Wellington est largement due aux guerres révolutionnaires et napoléoniennes, avec, bien sûr, la victoire de Waterloo en point d’orgue. Enfin, clin d’œil de l’histoire, Wellington meurt en 1852, année de l’instauration du Second Empire par le neveu de Napoléon!

Le jeune Arthur Wellesley ne semble pas fait pour le métier des armes. Pourtant, sa mère, qui ne voit aucun avenir pour son rejeton, l’inscrit à l’Académie royale d’équitation d’Angers fréquentée par de nombreux Britanniques en raison de l’absence d’école militaire en Angleterre jusqu’en 1802. Le futur duc de Wellington entre ensuite dans l’armée grâce à son frère Richard qui lui achète un grade d’enseigne en 1787. A partir de 1793, le capitaine Wellesley prend en main sa carrière militaire. En 1794-95, il participe, à la tête du 33e régiment d’infanterie, à la difficile campagne de l’armée du duc d’York en Belgique et aux Pays-Bas. Il dira plus tard à propos de cette première expérience de la guerre qu’il y a appris tout ce qu’il ne faut pas faire à la guerre en concluant: "C’est déjà quelque chose".

La suite de la carrière de Wellesley se poursuit aux Indes à partir de 1796. Il y reste jusqu’en 1803 et retrouve ses frères Richard, gouverneur général des Indes, et Henry, secrétaire de ce dernier. Il montre de grandes qualités d’organisation, fait preuve d’honnêteté, de prudence et de sens politique, se montre soucieux d’éviter les pertes parmi ses hommes. L’expédition menée contre Tippou Sahib, à laquelle il participe, est une belle réussite. En 1803, il remporte la victoire d’Assaye qui marque le début de sa "réputation de bravoure et de sang-froid" au sein de l’armée britannique.

En 1808 commence la longue campagne en Espagne et au Portugal. Il se bat dans la péninsule ibérique jusqu’en 1813, avant de franchir la frontière française par surprise à l’estuaire de la Bidassoa et de débuter la campagne de France qui le mène à Saint-Jean-de-Luz, Orthez et Toulouse. Durant ces six années, il affronte les grands généraux de Napoléon, Junot, Soult, Victor, Masséna. S’il obtient de belles victoires, Vimeiro, Talaveira, Torres Vedras, il connaît aussi des périodes difficiles, comme au lendemain de la convention de Cintra où il doit passer devant une commission d’enquête.

Durant les Cent jours, l’Angleterre hésite à reprendre les hostilités contre Napoléon. Le propre frère de Wellington, Richard, est opposé au conflit. Finalement, l’armée britannique, dirigée par Wellington, joue le rôle déterminant dans la campagne, même si la guerre n’est pas officiellement déclarée entre les deux Etats. La bataille décisive a lieu à Waterloo, lieu que Wellington connaît bien pour avoir reconnu le site quelques mois plus tôt. La victoire permet de vaincre définitivement l’Empereur et fait de Wellington un des plus grands généraux britanniques de tous les temps. Elle permet aussi à l’Angleterre de dominer le monde tout au long du XIXe siècle.

La carrière politique et diplomatique de Wellington est généralement moins connue que sa carrière militaire. Elle a également commencé dans sa jeunesse, au Parlement de Dublin. C’est là qu’il rencontre un jeune parlementaire, Robert Stewart, vicomte Castlereagh, futur ministre de la Guerre puis des Affaires étrangères. Les deux hommes deviennent amis et Castlereagh soutient Wellington lors de la guerre dans la péninsule ibérique. Leur bonne entente en 1814-1815 – Wellington est alors ambassadeur à Paris – permet à l’Angleterre d’imposer ses points de vue, notamment en ce qui concerne la restauration de Louis XVIII. Après Waterloo, Wellington est à la tête des armées d’occupation en France jusqu’en 1818, ce qui lui vaut une grande impopularité dans le pays.

En 1819, Wellington devient grand maître de l’Artillerie, ce qui lui donne une place dans le Cabinet. Neuf ans plus tard, il est nommé commandant en chef de l’armée, poste où il ne brille guère. Entre 1828 et 1830, il occupe le poste de Premier ministre. Bien que très conservateur par nature – il est membre du parti Tory –, Wellington fait passer une réforme importante, la loi d’émancipation des catholiques qui accorde à ces derniers la quasi égalité des droits civils avec les protestants. Cependant, il est battu à la Chambre des communes à propos de la réforme du Parlement et doit démissionner. Il sert encore les gouvernements Peel en 1834-1835, notamment comme ministre des Affaires étrangères, et en 1841-1846, comme ministre sans portefeuille.

(© blogdéfense)

(© blogdéfense)

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Blogdéfense est de retour!

Publié le par Dimitry Queloz

Après de longues vacances studieuses, Blogdéfense est de retour. Les prochains mois nous verront très occupé professionnellement. Aussi, aurons-nous peut-être quelques difficultés à maintenir un rythme de publication régulier.

Cependant, comme nous ne sommes pas resté inactif au cours de l'été, nous avons quelques "réserves" que nous vous proposerons dans les prochaines semaines, notamment une interview du colonel EMG Peter Bruns, chef du projet PA24 - le projet de police aérienne permanente en cours de réalisation depuis le début de cette année - qui a accepté de nous recevoir dans ses locaux près de l'aérodrome de Dübendorf.

Nous vous disons donc "A bientôt" et vous souhaitons d'ores et déjà une bonne lecture!

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Merci et Bonnes vacances!

Publié le par Dimitry Queloz

Nous prenons quelques vacances avant de vous retrouver en septembre.

Nous aimerions vous remercier, chers lecteurs et abonnés, pour votre fidélité, vos commentaires et vos "likes" qui font toujours plaisir! Nous vous souhaitons également un bel été et des vacances reposantes.

Au plaisir de vous retrouver en septembre!

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Rapport 2016 du SRC (4 et fin)

Publié le par Dimitry Queloz

Lutte contre l’influence culturelle étrangère et promotion des normes chinoises

En cette période de globalisation et de circulation rapide de l’information via les différents médias, la Chine a mis en place une véritable politique de lutte contre l’influence culturelle étrangère et de promotion de ses propres normes. Cette importance accordée au soft power se traduit notamment par le développement d’un vaste réseau mondial d’instituts Confucius et l’ouverture de nombreux bureaux de la télévision centrale chinoise dans le monde entier.

Cette volonté de se prémunir des influences idéologiques externes s’explique par le fait que le système politique est de type communiste et autoritaire. Le rapport du SRC mentionne en effet un document du parti communiste chinois de 2013 mettant en garde contre les dangers que représentent notamment "la liberté de la presse, les droits de l’homme universels, la démocratie multipartite, l’Etat de droit et le constitutionnalisme".

Toutefois, l’attitude des autorités chinoises s’expliquent, selon nous, sans doute aussi par d’autres facteurs. Il ne faut pas négliger les aspects nationalistes de la posture chinoise. Le souvenir du "siècle de la honte nationale" durant lequel l’influence culturelle étrangère a été très forte, avec les conséquences négatives dont nous avons parlé, en est un. De plus, il ne faut pas oublier non plus que la Chine est un Etat multiséculaire et que sa culture est multimillénaire. Pourquoi devrait-elle accepter des normes extérieures en provenance de puissances sur le déclin ou beaucoup plus récentes qu’elle?

Les nouvelles Routes (maritimes et terrestres) de la Soie (© blogdéfense)

Les nouvelles Routes (maritimes et terrestres) de la Soie (© blogdéfense)

Emploi de la puissance économique comme moyen d’influence mondial

A travers les deux initiatives mentionnées – Routes de la Soie et Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) –, la Chine cherche à recréer l’ancien système des tributs. Comme à l’époque, le but est, via des investissements économiques massifs, de mettre en place "une nouvelle architecture économique régionale, qui va mettre les Etats environnants dans un rapport de dépendance accru vis-à-vis de la Chine". Le système, qui regroupera plus de 50 Etats d’Asie, d’Afrique et d’Europe, repose sur des accords bilatéraux. La Chine se trouve au centre de ce système hiérarchique et c’est elle qui "pilote le flux des biens commerciaux vers les pays rattachés".

En ce qui concerne plus directement la Suisse, le SRC voit le développement de la puissance chinoise comme une opportunité, mais aussi un risque. Si la Suisse profite de cette situation, notamment dans les domaines du tourisme et des exportations, le SRC perçoit au moins deux risques majeurs. Tout d’abord, la dépendance accrue de la santé économique helvétique vis-à-vis de la croissance économique chinoise. Un ralentissement économique ou une forte variation du yuan peuvent avoir un impact négatif important sur l’économie suisse.

L’autre risque réside dans le fait que la Chine pourrait devenir prochainement une concurrente pour certaines branches économiques suisses. En effet, les investisseurs chinois s’intéressent tout particulièrement à des secteurs dans lesquels la Suisse occupe une position dominante, comme les industries innovantes, les services financiers et le tourisme, et pour lesquels la Chine cherche à mener une politique de rattrapage. En investissant dans des entreprises suisses ou en les reprenant, la Chine acquiert un savoir-faire qu’elle ne possède pas et devient propriétaire de marques ayant une réputation mondiale de qualité.

De cette politique économique et culturelle chinoise, nous devrions, selon nous, retenir deux choses. Premièrement, le fait que la Chine ne laissera pas pénétrer sans rien faire des idéologies qui pourraient remettre en cause son unité et sa puissance. L’Occident devrait s’inspirer d’une telle attitude, notamment en ce qui concerne l’islamisme. Ensuite, il faudrait que nos dirigeants politiques aient toujours à l’esprit cette double politique de soft power et d'impérialisme économique dans le cadre de leurs relations avec la Chine et qu’ils ne se pâment pas d’aise et d’admiration lorsque des Chinois investissent massivement dans nos Etats ou rachètent nos fleurons économiques et industriels! (Fin)

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Rapport 2016 du SRC (3)

Publié le par Dimitry Queloz

Chine

Le thème central du rapport du Service de Renseignement de la Confédération est consacré à la Chine. Ce pays connaît un développement économique gigantesque depuis les réformes menées par Den Xiaoping à la fin des années 1970. Avec l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la puissance chinoise s’est encore renforcée. En dépit de la crise de 2008 et de la nécessité de réformes économiques – actuellement, la croissance chinoise repose encore trop sur les exportations et les investissements dans les infrastructures –, la Chine est parvenue à sortir de la pauvreté 500 millions de personnes – l’équivalent de la population de l’Union européenne! – et elle est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Sur le plan intérieur, le parti consolide son emprise sur l’Etat et la population, tout en luttant plus systématiquement contre la corruption qui gangrène le pays. Enfin, dans le domaine militaire, la Chine accorde désormais la priorité au développement de ses forces aériennes et de sa marine, au détriment de l’armée de terre, longtemps force privilégiée. Un deuxième changement d’importance a également eu lieu au cours des trois dernières décennies. La qualité prévaut désormais sur la quantité. La Chine développe ainsi des armements de meilleure qualité que précédemment, en collaboration avec d’autres Etats ou en recourant massivement à l’espionnage. Si les forces chinoises sont encore touchées par de nombreuses carences et que leurs capacités opérationnelles sont encore limitées, les progrès sont indéniables et laissent présager pour bientôt des possibilités de projection de forces et de puissance avec lesquelles les autres puissances devront compter.

Ce renforcement global de la puissance chinoise conduit à une présence accrue de l’Etat sur la scène internationale dans de nombreux domaines. Depuis quelques années en effet, outre les nombreux investissements économiques à l’étranger, en Afrique et en Europe notamment, les forces chinoises sont davantage présentes dans divers endroits du globe et les revendications sur certains territoires en mer de Chine se font plus agressives. Au vu de cette évolution, il était normal que le SRC se livre à un exercice de veille stratégique et nous livre ses conclusions sur le développement de ce pays et de sa puissance.

Budget militaire chinois (© blogdéfense)

Budget militaire chinois (© blogdéfense)

Du rapport, nous retenons les points suivants: l’influence de l’histoire sur la politique chinoise actuelle, la lutte contre l’influence culturelle étrangère et la promotion des normes chinoises, l’emploi de la puissance économique comme moyen d’influence mondial.

Influence de l’histoire sur la politique chinoise

Contrairement à de nombreux pays occidentaux qui se détournent de leur passé, la Chine se souvient de son histoire, en tire des enseignements et s’en inspire dans le développement de ses politiques étrangère et économique actuelles.

Entre la fin du Moyen Age et le milieu du XIXe siècle, la Chine contrôlait de nombreux territoires extérieurs grâce à un système régional de tributs. L’empereur chinois recevait des cadeaux et des hommages en échange de promesses de protection et de biens économiques. Cette grande période multiséculaire de prospérité sert actuellement de modèle à la mise en place de la politique économique axée notamment sur les "nouvelles Routes de la Soie" et le développement de l’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB), dont le but est de concurrencer/compléter le système de Bretton-Woods.

Le "siècle de la honte nationale" n’est pas oublié non plus par les dirigeants chinois. La Chine est encore actuellement profondément marquée par la période 1850-1950 au cours de laquelle elle a vu sa prospérité économique décliner, sa puissance politique humiliée et certains de ses territoires occupés du fait de l’ingérence occidentale et japonaise. Par le développement de sa puissance, elle cherche à effacer cette période, à éviter d’en revivre une seconde, à occuper à nouveau une place centrale en Asie et à limiter l’influence des autres puissances dans la région. (A suivre)

Conflits territoriaux en mer de Chine (© blogdéfense)

Conflits territoriaux en mer de Chine (© blogdéfense)

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